Dynamite Shakers Noumatrouff, Mulhouse 23/04/26

Rédacteur

Nicolas Keshvary

Catégorie d'article

Temps de lecture

Date de l'interview

23/04/26

Lieu de l'interview

Noumatrouff, Mulhouse

En coulisses du Noumatrouff à Mulhouse, Dynamite Shakers confirme son ascension fulgurante. Signature chez Barclay, sessions en Belgique, nouveaux morceaux déjà rodés sur scène… le groupe avance vite, mais sans jamais perdre le contrôle. Entre fraîcheur, lucidité et une passion viscérale pour le rock, Lila Rose et Elouan racontent une trajectoire qui se construit à l’instinct… et à 200 à l’heure.

 

Qu’est-ce qui s’est passé pour vous depuis votre concert aux Eurockéennes ?

Elouan :
Il s’est passé énormément de choses en assez peu de temps. Ça fait presque un an maintenant, sept ou huit mois bien intenses. Le gros tournant, ça reste la signature chez Barclay. Ça nous a fait changer d’échelle d’un coup : nouvelle équipe, nouvelles méthodes de travail, mais toujours avec cette envie de rester nous-mêmes. On est aussi partis enregistrer en Belgique, ce qui était une première pour nous dans ces conditions-là. On a commencé à sortir des titres depuis janvier pour amorcer le terrain, et là on enchaîne avec un EP le 6 mai, puis l’album le 29 août. Tout s’est accéléré, mais de manière assez naturelle au final.

Comment Barclay vous a repérés ?

Elouan :
C’est allé assez vite, mais ça part d’un moment assez simple. Ils nous ont découverts sur le festival La Septième Vague, en Vendée. À la base, ils venaient pour un autre groupe, et ils sont tombés sur nous un peu par hasard. Il y a eu un vrai coup de cœur immédiat : ils ont appelé leur boss dans la foulée, envoyé des vidéos… et derrière, tout s’est enclenché. Ça a quand même pris du temps pour discuter, négocier, comprendre ce qu’on voulait chacun, mais aujourd’hui on sent qu’on est avec une équipe qui nous correspond vraiment.

À votre âge, comment on gère ce type de contrat ?

Elouan :
On ne l’a pas fait seuls, clairement. On est accompagnés depuis un moment par quelqu’un qui nous suit de près et qui joue déjà un rôle de manager. C’est lui qui a été en première ligne pour toutes les négociations, qui nous a expliqué les enjeux, les pièges aussi. Du coup, nous, on a pu rester concentrés sur la musique sans se perdre dans l’aspect administratif. Et surtout, on a une confiance totale en lui, donc ça nous a permis d’aborder tout ça beaucoup plus sereinement.

Qu’est-ce que ça a changé concrètement pour vous ?

Elouan :
Le plus important, c’est qu’on a gardé notre liberté artistique. C’était une condition essentielle pour nous. Ils nous accompagnent, ils proposent, mais ils ne nous imposent rien. Si une idée ne nous parle pas, on peut dire non sans problème. Par contre, là où ça change vraiment, c’est sur les moyens : le studio, l’encadrement, certains outils de communication… Par exemple, sur les réseaux, on était actifs mais pas forcément très structurés. Là, ils nous ont poussés à faire mieux, à être plus réguliers. Et puis il y a eu toute la partie studio : on nous a proposé ICP en Belgique, avec Lionel des Limiñanas. C’était nouveau pour nous, mais ça nous a permis de passer un cap.

Lila, cette rencontre artistique avec le réalisateur, ça a été déterminant ?

Lila Rose :

Oui, complètement. Dès les premières discussions, on a senti qu’on était sur la même longueur d’onde. Lionel a des références très proches des nôtres, que ce soit du punk 77, des groupes comme Gun Club ou The Cramps, ou même des influences plus anciennes. Du coup, il comprend instinctivement ce qu’on cherche comme son, comme énergie. On n’a pas besoin de trop expliquer, ça va vite, c’est fluide. Et ça, en studio, c’est hyper précieux.

Vous avez déjà sorti quelques titres, dont “Cinéma”. Ce sont les prémices de l’album ?

Elouan :
Oui, exactement. On a voulu installer une ambiance, donner un premier aperçu de ce qui arrive. “Cinéma” en fait partie, et d’autres morceaux arrivent avec l’EP du 6 mai. L’idée, c’est de créer une montée progressive jusqu’à l’album du 29 août, sans tout dévoiler d’un coup.

Sur scène ce soir, vous allez jouer ces nouveaux morceaux ?

Elouan :
On en joue déjà une bonne partie, oui. On n’est pas du genre à garder les morceaux sous cloche pendant des mois. On aime les tester en live, voir comment ils évoluent au contact du public.

Lila Rose :
Et certains morceaux vivent avec nous depuis longtemps. Il y en a qu’on joue depuis plus d’un an, voire deux ans pour certains. Ils changent, ils se transforment avec le temps, avec les concerts. Ce ne sont pas des versions figées.

Ça veut dire que vous avez déjà énormément composé…

Lila Rose :
Oui, on a beaucoup écrit. On a enregistré une vingtaine de morceaux sur cette période.

Elouan :
Et au final, il y en aura 13 sur l’album. Ça a été un vrai choix, presque un tri naturel pour garder les titres les plus forts, les plus cohérents entre eux.

Et après l’album, une tournée ?

Lila Rose :
Oui, c’est clairement dans les plans. On ne sait pas encore exactement quand — on hésite entre la fin d’année et le début de la suivante — mais il y aura une tournée, c’est sûr.

Vous pensez déjà à l’international ?

Lila Rose :
On commence à y penser doucement. On a déjà eu une super expérience en Espagne l’été dernier, avec un public hyper réceptif. Et puis on reçoit des messages de plus en plus variés, d’Angleterre, des États-Unis… Ce sont peut-être de petites choses, mais ça montre qu’il se passe quelque chose au-delà de la France.

Vous êtes aujourd’hui musiciens à plein temps. C’était un choix difficile ?

Lila Rose :
On a tous fait ce choix assez tôt. Moi, j’ai arrêté en 2023. On s’est vite rendu compte qu’on ne pouvait pas tout mener de front : les études, les concerts, le studio… Il fallait trancher.

Elouan :
Ce n’est pas un déclic du jour au lendemain, c’est une vraie réflexion. On savait que ce n’était pas garanti, qu’il y avait des risques, mais on ne se voyait pas faire autre chose. Donc on s’est lancés à fond.

Il n’y a jamais eu de doute ?

Elouan :
Si, forcément. Même aujourd’hui, rien n’est acquis. Un album peut marcher… ou pas. Mais on préfère avancer avec ça en tête plutôt que de se freiner. On fait les choses sérieusement, mais sans perdre le plaisir.

Un mot sur la suite immédiate ?

Lila Rose :
L’album est prêt depuis février, maintenant on est dans la phase visuelle : la pochette, les photos… tout l’univers autour.

Elouan :
On n’a pas encore le titre de l’album, mais on sait exactement où on va musicalement. Et on a encore quelques surprises à dévoiler.

 

Défilement vers le haut