Pour cette deuxième journée du Heavy Week-End 2026, le Zénith de Nancy change totalement de visage. Après une première journée tournée vers le heavy metal traditionnel et les légendes du genre, place cette fois à une programmation plus moderne, extrême et explosive, naviguant entre fusion urbaine, thrash tribal, metalcore technique et puissance progressive
NOVA TWINS : une ouverture électrique et survoltée..
À 17h00, NOVA TWINS lance cette deuxième journée du Heavy Weekend avec une énergie brute et une personnalité déjà hors norme. Derrière les papillons ornant les amplis Marshall se cache en réalité une véritable déflagration sonore portée par Amy Love et Georgia South, accompagnées d’une batteuse redoutablement efficace.
Entre basse saturée d’effets, rythmiques percutantes et attitude punk assumée, le trio impose immédiatement son univers hybride mêlant rock alternatif, punk et metal moderne.
Dès « Antagonist », le public répond présent avant de reprendre en chœur « Cleopatra », « Taxi » et « Sandman». Plus mélodiques, « Soprano » et « Hide & Seek » mettent en valeur toute la richesse du duo, tandis que « Parallel Universe » et surtout « N.O.V.A », scandé en rythme par les festivaliers, relancent l’intensité du concert.
Portée par une pyrotechnie efficace et un échange constant avec le public, la fin de set voit « Drip », « Choose Your Fighter », « Piranha » et l’explosif « Monsters » déclencher les premiers véritables mouvements de foule du samedi.
Une entrée en matière aussi moderne qu’impressionnante.
CAVALERA : le chaos brésilien ressuscite l’ère Chaos A.D.
Sous une pluie menaçante et devant une fosse de plus en plus compacte, Cavalera replonge le Zénith de Nancy au cœur des années 90 avec une relecture intégrale du mythique Chaos A.D. de Sepultura.
Dès l’apparition de Max et Igor Cavalera devant une reproduction géante de la pochette de l’album, l’ambiance bascule dans une véritable déferlante de thrash et de groove metal tribal. « Refuse/Resist » déclenche immédiatement pogos, slams et headbangs massifs, avant que « Slave New World », « Propaganda », « Nomad », « Biotech Is Godzilla » ou encore « Territory » ne transforment la fosse en chaos collectif.
Plus cérémoniel, « Kaiowas » offre une respiration hypnotique avant une nouvelle montée en puissance portée par la frappe titanesque d’Igor et l’intensité toujours intacte de Max, malgré quelques soucis techniques sur les retours guitare qui renforcent presque l’agressivité du set.
Le public reprend les refrains à l’unisson tandis que les Duplantier de Gojira observent le concert depuis les coulisses, symbole évident de l’influence immense des frères Cavalera sur plusieurs générations de musiciens extrêmes.
Dédié à Gojira, « Territory » provoque un véritable séisme dans les premiers rangs avant une reprise habitée de « Symptom of the Universe » de Black Sabbath. Le final sur « Chaos A.D. » et « Refuse/Resist », accompagné d’un impressionnant wall of death, conclut une prestation brute, viscérale et profondément authentique, rappelant combien l’héritage de Sepultura demeure essentiel dans l’histoire du metal.
TRIVIUM : virtuosité millimétrée et communion totale avec le public
À 20h30, Trivium prend possession de la scène du Zénith avec une maîtrise impressionnante et un sens du spectacle parfaitement rôdé. Dès les premières notes de « Pull Harder on the Strings of Your Martyr », extrait du mythique Ascendancy, la fosse explose instantanément. Porté par un Matt Heafy particulièrement charismatique, le public reprend chaque refrain à pleins poumons tandis que les premiers pogos et headbangs embrasent l’amphithéâtre. Très communicatif, le frontman mène la foule avec une aisance déconcertante, demandant tour à tour de reprendre les riffs à la voix ou de sauter en rythme sur « Strife », provoquant une réponse immédiate du public nancéien.
Le groupe déroule alors un véritable best-of couvrant l’ensemble de sa carrière avec une précision chirurgicale. « A Gunshot to the Head of Trepidation », « Down From The Sky », « Like Light To The Flies » ou encore « The Sin and the Sentence » illustrent parfaitement la capacité des Floridiens à mêler thrash technique, metalcore moderne et refrains fédérateurs. Derrière les fûts, Alex Rüdinger impressionne par une double pédale inépuisable tandis que Corey Beaulieu multiplie les solos harmonisés avec Matt Heafy dans une exécution d’une redoutable efficacité. Plus atmosphériques, « Until The World Goes Cold » et « Silence In The Snow » apportent une respiration mélodique bienvenue au moment où le soleil disparaît progressivement derrière le Zénith.
La seconde moitié du concert réserve également une belle surprise aux fans de longue date avec « Dying In Your Arms », interprétée pour la première fois de cette tournée estivale sous les acclamations du public, tandis que le monstre emblématique de la pochette d’Ascendancy apparaît en fond de scène dans un effet visuel particulièrement réussi. « Feast of Fire », « Catastrophist », « Throes of Perdition » et « The Heart From Your Hate » maintiennent ensuite une intensité constante entre agressivité maîtrisée et mélodies imparables. Avant « Silence In The Snow », Matt Heafy n’hésite d’ailleurs pas à qualifier Nancy de « meilleur public rencontré depuis le début de cette tournée des festivals », une déclaration loin d’être usurpée au vu de l’ambiance survoltée qui règne dans l’amphithéâtre.
Le final sur « Capsizing The Sea » puis l’inévitable « In Waves » transforme finalement le Zénith en immense cérémonie collective : toute la foule s’agenouille avant de se relever d’un seul homme lorsque retentit le célèbre cri de guerre du groupe. Un final aussi spectaculaire que fédérateur, confirmant une nouvelle fois pourquoi Trivium demeure l’une des références majeures du metal moderne américain.
GOJIRA : la consécration monumentale du metal français
À 22h00, Gojira entre enfin en scène devant un Zénith de Nancy quasiment plein, prêt à assister à l’apothéose de cette deuxième journée du Heavy Weekend. Dès les premières secondes de « Born For One Thing », le quatuor landais impose une puissance sonore et émotionnelle sidérante. Entre deux dates de tournée européenne avec Metallica, Joe Duplantier, son frère Mario, Christian Andreu et Jean-Michel Labadie affichent une maîtrise totale, soutenue par une scénographie monumentale héritée de leur dernière tournée française. Lumières abrasives, projections vidéo stroboscopiques, pyrotechnie massive et son colossal plongent immédiatement le Zénith dans une atmosphère sombre, organique et presque post-apocalyptique.
« Backbone » transforme rapidement les premiers rangs en zone de chaos permanent avant que « Stranded », porté par des confettis et des feux d’artifice illuminant le ciel nancéien, ne soit repris en chœur par plusieurs milliers de spectateurs. « The Cell » puis « Flying Whales » rappellent toute la singularité du groupe, capable d’alterner violence technique, groove hypnotique et envolées atmosphériques. Depuis les hauteurs de l’arène, chaque détail sonore impressionne : les lignes de basse massives de Jean-Michel Labadie, les riffs tranchants de Christian Andreu et surtout la frappe chirurgicale de Mario Duplantier résonnent avec une précision absolument monstrueuse. Son impressionnant solo de batterie constitue d’ailleurs l’un des sommets techniques du concert.
Joe Duplantier prend également le temps de dédier « Love », enrichi de l’outro de « Remembrance », aux frères Cavalera, saluant l’influence immense de Sepultura sur plusieurs générations de musiciens. Une déclaration sincère qui renforce encore le lien particulier unissant cette soirée aux grandes heures du metal des années 90. Le groupe enchaîne ensuite un véritable best-of avec « Grind », « Another World », « Silvera » et « Amazonia », démontrant sa capacité à renouveler constamment son langage musical sans jamais perdre en intensité. Désormais devenu un hymne fédérateur, « The Chant » est repris par la quasi-totalité des 13 000 spectateurs dans un moment de communion particulièrement fort.
Le rappel réserve alors une surprise aussi inattendue que spectaculaire avec « Mea Culpa (Ah ! Ça Ira !) », adaptation metal du chant révolutionnaire français dévoilé lors des Jeux Olympiques de Paris 2024. Entre héritage historique français et puissance contemporaine, le morceau déclenche une réaction euphorique du public avant un ultime coup de grâce sur « The Gift Of Guilt ». Sous les feux d’artifice et dans une atmosphère lourde, majestueuse et presque transcendante, Gojira conclut cette deuxième journée du Heavy Weekend avec une prestation monumentale qui confirme définitivement son statut de géant du metal mondial.
Entre heavy épique, metal symphonique, thrash tribal, modern metal et violence progressive, Nancy aura vécu les deux premières soirées d’une rare intensité.
Voyons si le troisième jour donnera raison d’un grand cru 2026 d’exception …