Saint-Julien-en-Genevois. Pour sa quatrième journée, Guitare en Scène a démontré une nouvelle fois que son ADN ne se résume pas aux riffs saturés. Après une soirée rock explosive la veille, le festival a changé de registre sans perdre une once d’intensité. Entre folk, blues, funk et soul, cette avant dernière soirée a réuni plusieurs générations autour d’un même mot d’ordre : le plaisir du live.
En ouverture, Jango Janice et In Fallow ont parfaitement rempli leur mission en lançant les festivités avec fraîcheur et personnalité. Comme depuis le début du festival, Guitare en Scène confirme son engagement en faveur de la scène émergente en offrant une visibilité précieuse aux jeunes artistes aux côtés des plus grandes légendes internationales.
John Butler, la virtuosité au service de l’émotion
C’est John Butler qui ouvre les hostilités sur la scène principale. Fidèle à sa réputation, l’Australien captive immédiatement le public grâce à son jeu de guitare unique, alternant fingerpicking, rythmiques percussives et envolées instrumentales.
Chaque morceau devient un voyage entre folk, blues, rock et influences roots. Porté par une présence scénique sincère et une complicité naturelle avec son groupe, John transforme le chapiteau en une immense communion musicale. Les spectateurs savourent chaque note, oscillant entre contemplation et énergie brute. Une prestation d’une rare élégance qui rappelle pourquoi il reste l’un des guitaristes les plus respectés de sa génération.
Kool & The Gang : le festival se transforme en immense piste de danse
Le changement d’ambiance est radical lorsque Kool & The Gang prend possession de la scène. Dès les premières mesures, impossible de résister à l’appel du groove.
Les légendes américaines enchaînent les classiques avec une précision redoutable. Les tubes intemporels déclenchent une véritable euphorie collective : toutes les générations chantent, dansent et célèbrent une musique qui traverse les décennies sans prendre une ride.
Le groupe affiche une incroyable fraîcheur et prouve qu’il demeure une formidable machine à faire la fête. Cuivres qui vous donnent la chair de poule, section rythmique irrésistible et chœurs parfaitement maîtrisés : le public vit un véritable marathon funk, conclu sous une pluie d’applaudissements.
Robben Ford, le blues en maître absolu
Alors que beaucoup auraient pu croire la soirée terminée après cette explosion festive, Robben Ford vient offrir un final tout en finesse sur la Scène Village.
Le guitariste américain livre une véritable leçon de blues contemporain. Son toucher exceptionnel, son sens du phrasé et son élégance naturelle rappellent pourquoi il est considéré comme une référence mondiale de la guitare.
Dans une ambiance plus intimiste, chaque solo semble raconter une histoire. Le silence presque religieux qui accompagne certains passages témoigne du respect que lui porte le public, avant que les applaudissements ne viennent saluer ce magnifique artiste.
Cette quatrième journée résume parfaitement ce qui fait la force de Guitare en Scène depuis dix-neuf ans : une programmation capable de faire cohabiter rock, blues, funk, soul et folk sans jamais perdre son identité.
À taille humaine, porté par une organisation irréprochable et une proximité rare entre artistes et public, le festival haut-savoyard continue de cultiver sa différence. Ici, les performances priment sur les effets de mode, et chaque soirée raconte une histoire différente.