Les Eurockéennes de Belfort – Jour 2

Rédacteur

Benoit Gilbert

Photographe

Nicolas Keshvary

Catégorie d'article

Date(s)

02 au 05 juillet 2026

Lieu

Les Eurockéennes

Nous sommes le 03 juillet, toujours au lac du Malsaucy, a attendre que cette deuxième journée des Eurockéennes commence. Celle-ci débute dans une ambiance plus mainstream que la veille.

La journée du vendredi démarre piano côté Loggia avec Mathis Akengin, comprendre le claviériste de l’excellente formation qu’est Dead Chic. Seul en scène avec ses machines et face à un soleil puissant, il ouvre ce second jour avec des titres pop et plutôt agréables devant des spectateurs avides de nouveautés sonores.

La fin de ce premier concert ne peut être vue, car à 17h30 la Grande scène accueille Man/Woman/Chainsaw. Le quintet londonien livre un concert qui gagne progressivement en panache: les élans punchy se multiplient au fur et à mesure que le groupe prend ses marques face à une foule encore peu garnie en ce début de weekend. Man/Woman/Chainsaw est bel et bien plus fort, intéressant même sur scène que sur disque. A revoir dès que possible!

C’est sous la scène abritée que la journée se poursuit avec l’apparition de Joy Crookes. Souvent comparée à Amy Winehouse, la Britannique offre une prestation bien à elle durant une heure car, comparaison n’est pas raison! Oui il y a des accointances avec son illustre et regrettée compatriote: une large formation musicale au service d’une superbe voix soul, des styles musicaux similaires – jazzy, groovy, des influences partagées (Nina Simone entre autres) … et arrêtons là! Joy Crookes trace son sillon, avec une touche R’n’B d’ailleurs, humblement et efficacement depuis 2017. Et aujourd’hui pour son second passage en terres franc-comtoises, saccompagnant à quelques occasions à la guitare électrique, elle enchaine les titres de son album Juniper sorti l’an passé (Brave, Pass the salt, Carmen, Mathematics, Perfect crime) sans omettre les chansons les plus appréciées de son premier opus, à l’instar de Feel don’t fail me know. Durant ce concert, l’ambiance devient feutrée, suave; le temps semble s’allonger sous ce Chapiteau. On se déhanche en cadence, on reprend les refrains, on en oublierait presque le soleil de plomb qui accable tout le reste du site dépourvu d’ombres… Une parenthèse enchantée en quelques sortes.

Aujourd’hui, impossible de passer à côté d’Orelsan. Bien avant le début du concert, la foule s’amasse devant la Grande Scène, témoignant de l’attente suscitée par l’une des têtes d’affiche de cette édition. Le rappeur normand construit un set équilibré, alternant plusieurs titres de son dernier album avec des morceaux devenus incontournables de sa discographie. « Basique », « La Terre est ronde » ou encore « Défaite de famille » sont repris en chœur par un public conquis, heureux de retrouver ces classiques en live. Le soin apporté à la scénographie, aux costumes et aux jeux de lumière renforce l’immersion tout au long du concert, offrant un spectacle aussi travaillé visuellement que musicalement. Une prestation généreuse qui confirme une nouvelle fois la capacité d’Orelsan à rassembler un public toujours aussi fidèle.

Malheureusement, nous ne proposons pas de couverture photo pour ce show.

Alors que le show XXL d’Orelsan bat son plein par-delà la butte de la presqu’île, il en est tout autre sur la Plage. En effet, Sleaford Mods déboule à 22h15 et, comme à l’accoutumée, se lance dans un concert minimaliste avec The good life, puis Megaton, assurant face à un public essentiellement composé d’initiés et de curieux peu enclins à danser sur du rap. Et pour cause, voir Sleaford Mods sur scène, ça peut paraître déconcertant et ultra-millimétré dans la répartition des rôles : à chacun des 16 titres interprétés ce soir, Andrew Fearn, compositeur du binôme, s’avance en direction de son pupitre de fortune (ce soir, un flight caseavec une inscription « War Child »),  appuie sur son ordinateur afin de lancer la prod’ electro punk, puis danse à sa guise, essentiellement sur l’arrière de la scène, côté pénombre. Quant à Jason Williamson, chanteur de son état, il déclame des paroles au goût duppercuts en se tortillant sur le devant. Parfois un rictus quasi-compulsif agrémente sa prestation (Elitest G.O.A.T.) Un concert un tantinet hermétique pour les non-anglophones et les amateurs de musique « live », mais au combien jubilatoire de voir cette formation culte plus de dix années après son premier passage ici.

Il en faut pour tous les goûts, tel est la devise des Eurocks depuis presque deux décennies!

Setlist
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