Du 5 au 7 juin 2026, le Heavy Week-End a de nouveau fait vibrer le Zénith de Nancy avec une affiche taillée pour les amateurs de sensations fortes. Porté par Gérard Drouot Productions, le rendez-vous poursuit son développement et s’impose progressivement comme l’un des grands rassemblements metal du Grand Est. Entre chaleur étouffante, ciel chargé et ambiance électrique, le Nancy Open Air s’est transformé durant trois jours en véritable terrain de jeu pour les fans de riffs massifs et de shows XXL.
La fréquentation est restée variable selon les soirées, mais certaines formations ont clairement fédéré les foules. Gojira a confirmé son immense popularité en attirant la plus forte affluence du week-end, tandis que Sabaton et Electric Callboy ont eux aussi porté des journées aux identités musicales très différentes. Un mélange de styles, de générations et d’énergies qui confirme la volonté du festival de rassembler un public metal toujours plus large.
C’est aux Allemands de DOMINUM qu’est revenue la mission d’ouvrir cette troisième édition du Heavy Week-End. Dès les premiers riffs, le groupe plonge le Zénith de Nancy dans un univers mêlant horror metal, second degré et esthétique zombie assumée. Mené par l’énergique Dr. Dead, entouré de musiciens grimés en morts-vivants, le combo allemand impose rapidement une ambiance aussi théâtrale que festive.
Sous un soleil encore écrasant, le public se rassemble progressivement devant la scène tandis que les refrains accrocheurs de « The Dead Don’t Die », « Frankenstein » ou encore « Killed By Life » commencent à faire réagir la fosse. Entre pyrotechnie, humour macabre et échanges en français avec les festivaliers, Dominum réussit à installer une atmosphère conviviale et efficace pour lancer les trois jours de festival.
Le moment fort du concert reste sans doute la reprise metal de « Thriller » de Michael Jackson, interprétée pour la première fois sur scène par le groupe. Une surprise parfaitement dans l’esprit du combo, accueillie avec enthousiasme par un public déjà conquis. Sans réinventer le genre, les musiciens allemands livrent une prestation solide et généreuse, idéale pour mettre le Heavy Week-End 2026 sur de très bons rails.
À peine les décors du premier groupAvantasia e démontés que la scène du Heavy Week-End change totalement de visage. Après une courte installation technique, AVANTASIA prend possession du Zénith de Nancy et fait immédiatement monter l’ambiance d’un cran. Le public, désormais beaucoup plus dense devant la scène, accueille Tobias Sammet et sa troupe avec ferveur. Dès les premières notes de « Creepshow », le projet allemand impose son identité : un mélange spectaculaire de power metal, d’opéra rock et de mise en scène théâtrale porté par un impressionnant dispositif lumineux et des décors gothiques particulièrement soignés.
Comme toujours avec Avantasia, le concert dépasse largement le simple cadre d’un set metal classique. Tobias Sammet s’entoure une nouvelle fois d’une véritable équipe de chanteurs invités qui se succèdent au fil des morceaux, chacun apportant sa propre personnalité à l’ensemble. Kenny Leckremo de H.E.A.T illumine « Reach Out For The Light » dans un duo particulièrement réussi avec Sammet, déclenchant une énorme réaction du public. Tommy Karevik de Kamelot prend ensuite le relais sur « Avantasia» avec toute la puissance et la maîtrise vocale qu’on lui connaît.
La suite du concert maintient un niveau d’intensité remarquable. Bob Catley de Magnum apporte émotion et élégance sur « The Story Ain’t Over », tandis que Ronnie Atkins de Pretty Maids et Herbie Langhans impressionnent sur « Let The Storm Descend Upon You » dans une démonstration vocale puissante et parfaitement maîtrisée. Chiara Tricarico de Moonlight Haze vient ensuite apporter une touche plus mélodique et aérienne sur « Farewell », avant que le groupe n’enchaîne avec les très fédérateurs « Lucifer » et « Lost In Space», repris massivement par une foule totalement acquise à la cause du collectif allemand.
Ce qui frappe tout au long du concert, c’est aussi le plaisir évident des musiciens et chanteurs présents sur scène. Tobias Sammet, fidèle à lui-même, alterne humour, proximité avec le public et interventions spontanées entre les morceaux, sans jamais casser le rythme du spectacle. Lui-même reconnaît ne pas être un homme de longs discours, et cela se ressent : les titres s’enchaînent avec fluidité, sans temps mort, donnant au show une dynamique constante. Chaque arrivée d’un nouvel invité relance immédiatement l’attention et apporte une nouvelle couleur au concert.
Au fil des neuf morceaux interprétés, la communion avec le public devient de plus en plus forte. Les refrains sont repris à pleine voix, les solos et envolées mélodiques provoquent de nombreuses ovations, tandis que les jeux de lumières renforcent encore le côté épique des compositions. Le final monumental sur « Sign Of The Cross / The Seven Angels », réunissant tous les chanteurs sur scène, conclut ce moment dans une atmosphère triomphale. Avantasia livre ainsi une prestation spectaculaire, généreuse et fédératrice, confirmant une nouvelle fois son statut à part dans l’univers du metal mélodique.
À 20 heures, une immense ovation accueille SAVATAGE sur la scène du Heavy Week-End. Après son retour très remarqué au Hellfest en 2025, la légendaire formation floridienne retrouve enfin le public français dans le cadre de sa tournée « Prelude To Madness European Tour ». L’attente était immense autour de ce concert et, dès les premières notes de « Dead Winter Dead », on comprend rapidement que le groupe ne va pas décevoir. Porté par un Zak Stevens impressionnant de maîtrise et toujours aussi habité, Savatage plonge immédiatement le Zénith de Nancy dans une atmosphère à la fois puissante, mélodique et profondément émotive.
Le coucher de soleil qui accompagne « Jesus Saves » apporte d’ailleurs une dimension presque irréelle au concert. Sur scène, le groupe affiche une précision remarquable, porté par un son particulièrement soigné et des musiciens irréprochables. Chris Caffery et Al Pitrelli captivent constamment l’attention grâce à leurs harmonies et leurs solos inspirés, notamment lors d’un superbe passage sur « Strange Wings », véritable démonstration de complicité guitaristique. La setlist traverse avec intelligence les différentes époques de la carrière du groupe, alternant moments heavy incisifs et passages beaucoup plus chargés en émotion. « Sirens », « Lights Out » ou encore « Power Of The Night » rappellent la facette plus agressive et historique de Savatage, tandis que « The Wake Of Magellan », « Handful Of Rain » et « Edge Of Thorns » mettent en avant toute la richesse mélodique et théâtrale du répertoire.
Mais c’est surtout sur les morceaux les plus émotionnels que le concert prend une dimension particulière. « Chance » puis « Believe » provoquent un véritable frisson collectif dans le public. Sur ce dernier titre, l’apparition de Jon Oliva sur écran géant, seul au piano dans une séquence vidéo bouleversante, constitue l’un des moments les plus marquants de cette première journée du festival. Absent de la tournée pour raisons de santé, le membre fondateur du groupe semble pourtant plus présent que jamais. Sa prestation piano-voix est ensuite rejointe progressivement par les musiciens sur scène, créant un moment suspendu, repris en chœur par des milliers de spectateurs. Une séquence à la fois touchante, nostalgique et hors du temps.
L’hommage à Jon Oliva, tout comme celui rendu à son frère Criss Oliva, disparu tragiquement en 1993, donne encore davantage de poids émotionnel à cette prestation déjà exceptionnelle. Pourtant, malgré cette forte charge affective, Savatage ne tombe jamais dans la mélancolie permanente et relance régulièrement l’intensité avec des classiques fédérateurs comme « Gutter Ballet » ou « Edge Of Thorns », massivement repris par le public nancéien.
Après plus d’une heure de concert et treize morceaux interprétés avec une maîtrise quasi chirurgicale, le groupe conclut logiquement son set avec l’inévitable « Hall Of The Mountain King ». Véritable explosion finale, le morceau transforme le Zénith en immense chœur metal et vient achever une prestation aussi élégante qu’intemporelle. Savatage rappelle ainsi pourquoi le groupe occupe une place si particulière dans l’histoire du heavy metal et dans le cœur de nombreux fans présents ce soir-là à Nancy.
À 22 heures précises, SABATON entre en scène pour conclure cette première journée du Heavy Week-End 2026. Et dès les premières secondes, les Suédois imposent leur signature visuelle et sonore avec une efficacité redoutable. Un immense char militaire domine la scène, surplombé par le batteur Hannes Van Dahl installé au sommet de la structure, tandis que deux autres blindés encadrent la scénographie. Flammes, explosions, artifices et jeux de lumières plongent immédiatement le Zénith de Nancy dans l’univers guerrier devenu la marque de fabrique du groupe.
L’ouverture sur « Ghost Division » agit comme une décharge électrique. La fosse explose instantanément sous les riffs martiaux et les refrains fédérateurs du combo suédois. Très vite, tout l’amphithéâtre se transforme en gigantesque chœur metal où plusieurs générations de fans chantent ensemble. Entre les premiers rangs écrasés par la chaleur des jets de flammes et les tribunes entièrement debout, l’ambiance devient rapidement impressionnante. Malgré une thématique centrée sur l’histoire militaire, Sabaton réussit une nouvelle fois à dégager une énergie profondément festive et rassembleuse.
Visuellement, le spectacle est colossal. Les effets pyrotechniques s’enchaînent à un rythme infernal, parfois jusque dans les extrémités de la fosse, renforçant cette sensation permanente d’être au cœur d’un champ de bataille mis en musique. Derrière ses éternelles lunettes de soleil, Joakim Brodén mène ses troupes avec le sourire et multiplie les échanges avec un public totalement acquis à sa cause. Le chanteur n’hésite d’ailleurs pas à saluer l’enthousiasme des Français, qu’il considère comme l’un des meilleurs publics rencontrés récemment par le groupe.
Tout au long des près de deux heures de concert, Sabaton déroule une setlist particulièrement généreuse, proche de la vingtaine de morceaux. « Yamato », « The Red Baron », « Stormtroopers », « Night Witches » ou encore « The Last Stand » sont repris massivement par la foule, tandis que les visuels projetés sur les écrans géants renforcent encore l’aspect épique du show. Fidèle à son concept, le groupe transforme chaque chanson en véritable tableau historique vivant, entre récits de batailles, costumes et mises en scène spectaculaires.
Parmi les moments les plus marquants du concert, « Christmas Truce » apporte une parenthèse plus émotive et lumineuse. Avant le morceau, le bassiste Pär Sundström livre un discours inspirant autour des rêves et de la persévérance, pendant que des milliers de téléphones illuminent le Zénith dans la nuit nancéienne. Un instant suspendu qui contraste parfaitement avec la puissance permanente du concert.
Le public réserve également une énorme ovation à la séquence consacrée à Napoléon. Entre canons, soldats en costumes d’époque et diffusion de « La Marseillaise », le festival bascule dans une ambiance totalement irréelle où tout l’amphithéâtre reprend l’hymne français à pleins poumons. Un moment spectaculaire et fédérateur qui restera clairement parmi les images fortes de cette édition 2026.
Même si certains pourront trouver le son légèrement moins précis que celui de Savatage un peu plus tôt dans la soirée, l’efficacité scénique de Sabaton reste incontestable. Le groupe maîtrise parfaitement son art du grand spectacle sans jamais perdre le lien avec son public. « The Attack Of The Dead Men », « Bismarck », « Hordes Of Khan » ou encore « Templars» démontrent également que les morceaux les plus récents s’intègrent parfaitement aux classiques historiques du groupe.
Le final vient achever cette démonstration de force dans une ambiance totalement euphorique. « Primo Victoria » transforme définitivement le Zénith en gigantesque chorale metal, tandis que « Swedish Pagans » provoque l’un des plus impressionnants chants collectifs du week-end. Enfin, « The First Soldier » et surtout « To Hell And Back » concluent cette première journée sur une ultime explosion de flammes, de refrains fédérateurs et d’adrénaline. Une clôture spectaculaire pour un vendredi qui aura confirmé toute la puissance live de Sabaton.
Avec une programmation aussi variée que cohérente, le premier jour de ce Heavy Weekend 2026 confirme son statut de rendez-vous incontournable pour les amateurs de metal en France. On attendra le jour 2 pour confirmer…