Les Eurockéennes de Belfort – Jour 1

Rédacteur

Benoit Gilbert

Photographe

Nicolas Keshvary

Catégorie d'article

Date(s)

du 02 au 05 juillet 2026

Lieu

Les Eurockéennes de Belfort

Entre nuages de poussière, décibels assourdissants et coucher de soleil sur le lac du Malsaucy, les Eurockéennes offrent une nouvelle fois un terrain de jeu idéal pour les amateurs de musique. Du 02 au 05 juillet, le festival rassemble des dizaines de milliers de festivaliers autour d’une programmation éclectique, répartie sur quatre scènes : la Grande Scène, la Greenroom, la Plage et la Loggia, offrant à chacun l’occasion de découvrir de nouveaux artistes ou de retrouver des figures incontournables de la scène musicale.

La première journée du festival démarre fort puisque The Offspring est de retour sur la presqu’île du Malsaucy après 16 ans ! De souvenir, à l’époque, il pleuvait abondamment ce dimanche 06 juillet 2008 (et ce weekend, pas une goutte, ça tranche !) et on clôturait la soirée avec Moby.

Plongé dans une grosse tournée mondiale depuis la sortie de Supercharged (on est déjà à presque 50 représentations pour les 6 premiers mois de 2026), le groupe californien entre sous les viva nourris et démarre son tour de chant avec le classique Come out and play. D’entrée de jeu, les pogos et autres circle pits naissent de façon spontanée dans le public massé devant la grande scène et cela va faire long feu … Armé d’une scénographie importante, The Offspring fait monter la pression avec des titres puisés dans l’ensemble de son répertoire. Bien que la présence de squelettes géants gonflables trônant pendant de nombreux titres insiste sur le dernier opus, seul Looking out for #1 sera joué ce soir. A contrario, nombre de reprises de Black Sabbath, Ozzy, Taylor Swift et des hymnes de stade (ils reprennent sur quelques mesures Seven nation Army) sont au menu, entrecoupées de prises de parole. Cela rend le groupe sympathique, proche de son public, mais casse un peu le rythme. C’est aussi (peut-être) un moyen de temporiser afin de souffler. Bref, on ne boude pas son plaisir car la setlist est des plus cools et lorsque sont déclamées les paroles en allemand de Pretty Fly (for a White Guy), ce sont des ballons de grand format qui sont envoyés dans le public. Bonne ambiance garantie ; les ballons auront même un peu de mal à regagner la scène à l’issue du titre…

Tel qu’il s’est ouvert, le show se referme sur la seconde perle de Smash, Self Esteem, très largement scandé par le public belfortain. Dexter Holland et ses comparses ont fait mouche et c’est vraiment de bon augure pour la suite de la soirée et du festival.

23h15, Airbourne entre en scène afin de refermer cette première soirée d’Eurockéennes. Un premier constat : le public est sensible moindre que pour The Offspring. Passons. Une heure durant, Les Australiens jouent pied au plancher, enfin, lorsque que son frontman, le truculent Joel O’Keeffe n’est pas à sauter de part et d’autre partout en prenant appui sur les retours. Airbourne est un groupe lui aussi coutumier des Eurocks. En effet, après des prestations de haut vol en 2010 (on se souvient de sa petite grimpette sur la structure de la même scène afin de jouer pendant de longues secondes un excellent solo guitare perchée à plusieurs mètres de haut, le vendredi en ouverture de festival – un cauchemar pour les organisateurs) puis trois ans plus tard, les revoilou aujourd’hui. Par contre, ce soir pas d’ascension du Mont Malsaucy, mais l’envie viscérale d’offrir un spectacle puissant et sans répit, à la différence de ses prédécesseurs américains, est appréciable. Donc, les canettes sont éclatées contre le crâne, des sauts nombreux déjà évoqués jalonnent tout le concert, le traditionnel solo sur les épaules d’un roadie qui doit cavaler de droite de gauche sur les planches, … O’Keeffe est un showman généreux et qui mouille le maillot, enfin le seul pantalon élimé qu’il porte. Il s’accapare clairement toute la lumière, reléguant un cran en arrière le reste du groupe, bien moins expansif, mais au combien carré et indéfectible lors des titres désormais bien identifiés comme Too much, too young, too fast ou encore Runnin’ wild.

Fin de concert, nombre de spectateurs sont là à glaner d’éventuelles reliques jetées dans la foule : pour les baguettes et le bracelet éponge, ils ont été gagnés de longue lutte par les aficionados, mais pour les médiators, beaucoup chercheront pendant de longues minutes au milieu d’un sol poussiéreux, des éclats de gobelets, des morceaux de lunettes, le précieux graal. En vain. La sécurité peine à faire partir ces pèlerins couverts de sueur et aux oreilles encore bourdonnantes de hard rock. En quittant le site, on peut se dire qu’il est loin le temps où Airbourne était perçu comme un ersatz d’AC/DC. Aujourd’hui, ils existent par eux-mêmes et c’est largement mérité.

Cette journée métal a été un véritable succès pour Les Eurockéennes. On se retrouve demain pour la suite du festival !

Setlist
running order

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