SYLAK Festival à 01 – Saint Maurice de Gournans – jour 3

Rédacteur

Thierry Forgiarini

Photographe

DR

Catégorie d'article

Date(s)

02 aout 2026

Lieu

Festival SYLAK - 01 St Maurice de Gournans

Setlist
running order

DIMANCHE 02/08/2026 :
– OCCULT HAND ORDER
– PILORI
– CAGE FIGHT
– REVEREND BEAT-MAN & MILAN SLICK
– MISERY INDEX
– SLOMOSA
– AGNOSTIC FRONT
– TERROR
– ORDEN ORGAN
– DARK TRANQUILLITY
– BLACK LABEL SOCIETY

Set List B.L.S :

Funeral Bell
Name in Blood
Destroy & Conquer
Heart of Darkness
No More Tears (Ozzy O. cover)
A Love Unreal
The Blessed Hellride
Set You Free
Fire It Up
Suicide Messiah
Stillborn

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SYLAK OPEN AIR 2026 – jour 3 : UN DIMANCHE SOUS HAUTE TENSION
De la lourdeur psychédélique d’Occult Hand Order aux riffs impériaux de Black Label Society, le Sylak Open Air a refermé sa quatorzième édition dans la chaleur étouffante de Saint-Maurice-de-Gourdans.

Saint-Maurice-de-Gourdans, dimanche 2 août 2026. Pour son ultime journée, le Sylak Open Air avait décidé de ne laisser aucun répit aux organismes. Onze groupes, plus de douze heures de musique et un grand écart stylistique allant du sludge psychédélique au death metal, du hardcore new-yorkais au power metal, avant une conclusion placée sous le signe du heavy rock de Black Label Society.

En simple spectateur, GLOB’ALL MUSICS vous raconte.

 

Ce dimanche, l’adversaire le plus redoutable n’était pas forcément sur scène, mais bien la température. Cette météo caniculaire n’a pourtant jamais ralenti l’ambiance. Tout au long de la journée, les points d’eau et les zones d’ombre n’ont pas désempli, tandis que les bénévoles rappelaient régulièrement les consignes d’hydratation. Malgré ces conditions éprouvantes, le pit est resté actif jusqu’au concert final de Black Label Society.

  • OCCULT HAND ORDER : réveil psychédélique

À 11 h 30, Occult Hand Order ouvre les hostilités devant un public encore clairsemé, mais déjà déterminé. Trente minutes suffisent au trio lyonnais pour installer son univers lourd, hypnotique et enfumé.

Entre doom, sludge et rock psychédélique, les compositions avancent avec la lenteur menaçante d’une coulée de lave. Les riffs prennent leur temps, les atmosphères s’épaississent et le festival se réveille progressivement sous les vibrations des amplificateurs.

  • PILORI: cloué trente minutes sans sommation

À 12 h 30, bien qu’également venu de l’hexagone, changement radical d’ambiance avec Pilori. Le groupe normand dispose lui aussi d’une trentaine de minutes, mais les exploite comme une offensive éclair.

Le hardcore métallique de la formation ne s’embarrasse pas de détours. Les morceaux sont compacts, abrasifs et portés par une énergie frontale.

  • CAGE FIGHT : Rachel Aspe et Julien Truchan réunis

Programmé à 13 h 30, Cage Fight représente l’une des curiosités les plus attendues de cette journée.

Emmené par la Française Rachel Aspe, le groupe britannique livre un mélange explosif de hardcore, de thrash et de metal moderne. La chanteuse impose immédiatement sa présence, alternant puissance, rage et maîtrise vocale avec une aisance impressionnante. Le moment fort du concert intervient lorsque Julien Truchan, le chanteur stéphanois quasi-local de Benighted, rejoint Cage Fight pour interpréter « Pick Your Fighter ». La rencontre entre les deux vocalistes prend la forme d’un duel particulièrement musclé.

D’un côté, le growl profond et l’agressivité viscérale de Julien Truchan de l’autre, la puissance et la présence de Rachel Aspe. En quarante-cinq minutes, Cage Fight confirme ainsi tout le potentiel d’une formation capable de concilier efficacité hardcore, technicité métallique et présence scénique.

  • REVEREND BEAT-MAN & MILAN SLICK : l’étrangeté au pouvoir

À 14 h 40, le Sylak effectue l’un de ses virages les plus inattendus avec Reverend Beat-Man & Milan Slick.

Après plusieurs heures de saturation, le blues punk primitif du prédicateur suisse agit comme une étrange cérémonie vaudoue. Guitare rugueuse, chant possédé, rythmiques minimalistes : la musique semble surgir d’un club clandestin perdu entre le garage rock, le gospel déviant et le rock’n’roll des origines. L’ensemble peut évoquer une collision improbable entre l’esprit déglingué des Cramps et la sauvagerie des premiers Jon Spencer Blues Explosion : sale, direct, habité et redoutablement efficace.

  • MISERY INDEX : précision chirurgicale

À 15 h 45, Misery Index remet brutalement les pendules à l’heure.

Le groupe américain déploie son deathgrind avec une rigueur impressionnante. Les riffs tranchants, les accélérations soudaines et les rythmiques écrasantes ne laissent pratiquement aucun espace au public pour reprendre son souffle.

Misery Index confirme ici sa réputation de valeur sûre de la scène extrême.

La formation possède cette capacité rare à rester extrêmement technique sans sacrifier l’impact physique de ses morceaux. Chaque rupture agit comme un coup de masse, tandis que la batterie propulse l’ensemble avec une précision presque mécanique.

  • SLOMOSA : le désert s’installe dans l’Ain

Avec Slomosa, à 17 heures, changement de paysage. Les Norvégiens ralentissent le tempo et installent leur « tundra rock », appellation maison désignant un stoner massif inspiré autant le desert rock que par les grands espaces nordiques, dans la lignée de Kyuss, Fu Manchu et Queens of the Stone Age.

Après la violence de Misery Index, Slomosa offre une respiration bienvenue, sans jamais relâcher la pression sonore.

Leur prestation possède quelque chose de paradoxalement rafraîchissant, même si la température ambiante continue de transformer le stade Régis-Perrin en fournaise.

  • AGNOSTIC FRONT : l’école de New York

À 18 h 15, le hardcore new-yorkais entre en scène par la grande porte avec Agnostic Front.

Autour de Roger Miret et Vinnie Stigma, les vétérans délivrent ce que le public attend d’eux : des morceaux courts, directs, fédérateurs et construits pour provoquer une réaction immédiate.

Vinnie Stigma, 70 ans, multiplie les gestes vers le public tandis que Roger Miret, 62 ans, dirige la foule avec l’autorité tranquille d’un vétéran. Une véritable leçon de longévité donnée par deux monuments du hardcore new-yorkais.

Agnostic Front ne vient pas réinventer le hardcore. Le groupe vient rappeler pourquoi il en constitue toujours l’une des fondations.

  • TERROR : aucune barrière entre la scène et le pit

À 19 h 30, Terror prend le relais et fait immédiatement monter la tension d’un cran.

Scott Vogel ne conçoit pas un concert comme un spectacle à regarder passivement. Pour lui, le public doit participer, bouger, crier et transformer chaque morceau en affrontement collectif.

Pendant cinquante minutes, Terror applique cette philosophie avec une intensité redoutable. Les refrains sont scandés poings levés et le pit devient l’un des plus agités de la journée.

Les Californiens reviennent à l’essence d’un hardcore sans concession : une prestation puissante, tranchante et parfaitement en place, où l’expérience du groupe lui permet de contrôler le chaos sans jamais perdre le fil. Tout semble spontané, mais la mécanique est parfaitement huilée. Le hardcore américain reste donc particulièrement adapté au format du Sylak : direct, physique et fondé sur une relation permanente entre les artistes et leur public.

  • ORDEN OGAN : changement de décor

À 20 h 50, Orden Ogan apporte une touche beaucoup plus mélodique à cette journée largement dominée par le hardcore et les musiques extrêmes.

Le groupe allemand déploie un power metal robuste, porté par des refrains imposants, des guitares harmonisées et une dimension épique pleinement assumée.

Sur un plan strictement technique, difficile de prendre Orden Ogan en défaut. Mais après les formations plus brutes et viscérales entendues auparavant, ce power metal très construit nous touche moins : nous y cherchons davantage de rage, d’abrasivité et de spontanéité.

Après les prestations particulièrement physiques d’Agnostic Front et Terror, certains festivaliers profitent de cette transition pour souffler. Orden Ogan ne se contente toutefois pas d’occuper l’espace entre deux têtes d’affiche.

La formation possède une solide expérience scénique et sait construire des morceaux immédiatement mémorisables. Les chœurs fédérateurs trouvent rapidement leur public et illustrent une nouvelle fois l’éclectisme défendu par le festival.

  • DARK TRANQUILLITY : la classe de Göteborg

La nuit s’installe lorsque Dark Tranquillity entre en scène à 22 h 10. Le groupe suédois bénéficie enfin d’une atmosphère visuelle à la hauteur de son death metal mélodique. Les lumières découpent les silhouettes, les claviers épaississent les ambiances et les guitares entrecroisent mélodie, tension et agressivité.

Mikael Stanne occupe le centre de la scène avec son charisme habituel. Souriant entre les morceaux, intense dès que la musique reprend, le chanteur maintient une proximité permanente avec le public.

Dark Tranquillity démontre pourquoi il demeure l’un des grands représentants du son de Göteborg. La violence du death metal s’y combine à des mélodies sombres, à des atmosphères mélancoliques et à une écriture immédiatement identifiable.

Au lendemain du festival, Dark Tranquillity a publié un message de remerciement sur ses réseaux sociaux, saluant l’accueil du public français et qualifiant cette date de « fantastic night », preuve que la communion entre le groupe suédois et le public du Sylak aura dépassé le simple cadre du concert.

  • BLACK LABEL SOCIETY : Zakk WYLDE referme le Sylak

Il est 23 h 50 lorsque Black Label Society prend possession de la scène pour le dernier concert de cette édition 2026.

Face au public se dresse la silhouette immédiatement reconnaissable de Zakk Wylde : barbe imposante, guitare portée très bas et présence de biker échappé d’un rassemblement apocalyptique.

Dès les premiers riffs, le son est monumental. Black Label Society pratique un heavy metal profondément enraciné dans le hard rock sudiste, le blues et l’héritage de Black Sabbath.

Pour beaucoup de festivaliers, voir Zakk Wylde clôturer cette édition constitue l’un des grands événements du week-end. Guitariste parmi les plus influents de sa génération, ancien bras droit d’Ozzy Osbourne et figure incontournable du heavy metal américain, il assume pleinement son statut de tête d’affiche.

Le concert s’ouvre dans la lourdeur avec « Funeral Bell », avant que « Name in Blood » et « Destroy & Conquer » ne renforcent encore cette sensation de rouleau compresseur. « A Love Unreal » et « Heart of Darkness » permettent ensuite à Zakk Wylde de faire respirer davantage les riffs, entre groove massif, tension sombre et envolées de guitare.

Moment forcément chargé de symbole, « No More Tears », reprise d’Ozzy Osbourne, rappelle le lien indissociable entre Zakk Wylde et le Prince des Ténèbres. L’hommage dépasse la simple reprise : la guitare de Wylde y retrouve ce mélange de puissance, de lyrisme et de vibrato immédiatement identifiable qui a marqué des décennies de collaboration avec Ozzy.

« The Blessed Hellride » ramène ensuite le groupe vers un heavy rock plus sombre et bluesy, tandis que « Set You Free » resserre l’étau avant la dernière ligne droite. Avec « Fire It Up », ses guitares incendiaires et ses espaces laissés aux solos, puis « Suicide Messiah », lourd et martial, Black Label Society transforme la fin du set en démonstration de force.

La fatigue se lit sur les visages, mais le public conserve suffisamment d’énergie pour accompagner les ultimes minutes de ce week-end particulièrement dense.

Lorsque retentit « Stillborn », morceau emblématique du groupe, le Sylak tient son final : riff monumental, guitare en liberté et dernière décharge d’énergie collective.

Une conclusion à la hauteur d’un concert magistral, portée par un light show impressionnant et un Zakk Wylde impérial.

Après une heure et quinze minutes, les amplificateurs se taisent enfin : le Sylak Open Air 2026 peut refermer ses portes.

Une quatorzième édition brûlante

Avec environ 10 000 personnes accueillies sur trois jours, le Sylak conserve ce qui fait sa singularité : une dimension humaine, une programmation cohérente mais aventureuse et une proximité réelle entre les groupes, les bénévoles et le public.

Le succès populaire s’est confirmé jusqu’au dernier jour : le festival affichait complet. Ce sold out conforte la fidélité d’un public attaché à unce rendez-vous indépendant, qui privilégie l’éclectisme et une identité résolument metal plutôt que le gigantisme.

Une nouvelle fois, le Sylak démontre qu’il est possible de rivaliser avec les plus grands festivals européens sans céder à la démesure. Son organisation associative et son ambiance conviviale renforcent une signature désormais bien établie, expliquant l’attachement grandissant des festivaliers à ce rendez-vous devenu incontournable de l’été metal français.

À Saint-Maurice-de-Gourdans, le metal reste une affaire de famille…

Setlist
running order

DIMANCHE 02/08/2026 :
– OCCULT HAND ORDER
– PILORI
– CAGE FIGHT
– REVEREND BEAT-MAN & MILAN SLICK
– MISERY INDEX
– SLOMOSA
– AGNOSTIC FRONT
– TERROR
– ORDEN ORGAN
– DARK TRANQUILLITY
– BLACK LABEL SOCIETY

Set List B.L.S :

Funeral Bell
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Destroy & Conquer
Heart of Darkness
No More Tears (Ozzy O. cover)
A Love Unreal
The Blessed Hellride
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Fire It Up
Suicide Messiah
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