ROCK THE LAKES : Cudrefin passe à l’OFFENSIVE – Jour 2/3

Rédacteur

Thierry Forgiarini

Photographe

Nicolas Keshvary

Catégorie d'article

Date(s)

14 , 15 et 16 AOUT 2026

Lieu

Rock the Lakes Festival à CH - Cudrefin

Après une première journée déjà copieusement chargée, Rock The Lakes remet les amplis sous tension dès la mi-journée pour le samedi 15 aout qui s’annonce encore plus dense.

À Cudrefin, au bord du lac de Neuchâtel, le soleil ne fait pas semblant : la température grimpe vite, la poussière accompagne les premiers mouvements de foule et l’ombre devient presque aussi recherchée qu’une place au premier rang.
Mais avec une programmation courant du metalcore suisse jusqu’au death mélodique d’Arch Enemy, en passant par le death technique, le néo-metal, l’indus, le thrash et l’univers gothique de Lord Of The Lost, difficile de rester longtemps loin des scènes.
Cette deuxième journée offre surtout un joli raccourci de la scène metal actuelle : jeunes formations locales, groupes européens en pleine ascension, vétérans toujours capables d’en remontrer à la concurrence et une tête d’affiche dont le passage en Suisse suscite une curiosité particulière.

  • Uncircle : les régionaux ouvrent le bal

Ce sont les Suisses d’Uncircle qui ont la charge d’allumer la première mèche. Pour la formation valaisanne, cette présence au Rock The Lakes constitue déjà une petite victoire : passée par le tremplin Hellvetia, elle a finalement été repêchée pour intégrer l’affiche.
Et quitte à bénéficier d’une telle opportunité, autant ne pas la laisser passer.
Le quintette évolue dans un metalcore moderne, entre riffs massifs, mélodies immédiatement accessibles et breakdowns taillés pour la scène. Après Via Dolorosa, paru en 2023, Uncircle a d’ailleurs repris le chemin du studio en 2026 avec Christoph Wieczorek, notamment connu pour son travail avec Annisokay.
En plein soleil et face à un site qui se remplit progressivement, les Valaisans jouent sans complexe. Le son est épais, l’engagement immédiat et la proximité géographique permet aussi de retrouver quelques visages familiers devant la scène.
Le passage de CK Smile, chanteur de Chaoseum, venu partager un morceau avec le groupe, apporte une touche supplémentaire à ce début de journée. Florian profite également du concert pour annoncer que de nouveaux titres viennent d’être enregistrés.
À midi passé, certains festivaliers cherchent encore leur premier café. Uncircle, lui, a déjà trouvé le bouton « marche ».

  • Alchemists : metalcore suisse sous haute température

Autre formation helvétique issue du tremplin Hellvetia, Alchemists poursuit l’offensive.
Le groupe réunit Julen Ibarrola au chant, Marc Chevalley à la guitare, Yoann Maillard à la basse et Thomas Giroud à la batterie. Musicalement, le quatuor navigue dans les eaux du metalcore moderne, avec une production massive et des structures qui empruntent volontiers au djent.
Une introduction orchestrale façon grand écran précède les premières frappes, et le contraste avec la chaleur presque écrasante du site ne manque pas de piquant.
Julen Ibarrola refuse pourtant de gérer son énergie en fonction du thermomètre. Il occupe toute la scène avant de rejoindre directement le public pour provoquer un circle pit.
Le festival n’a commencé que depuis quelques dizaines de minutes et la poussière commence déjà sérieusement à remplacer la crème solaire dans le dress code du jour.

  • Scare The Children : bienvenue dans le cauchemar chinois

Changement complet d’ambiance avec Scare The Children.
Originaire de Pékin, le groupe développe un univers d’horror metal qui ne se contente pas de la musique. Ici, costumes, maquillages et personnages inquiétants font pleinement partie du spectacle.
Sous cette chaleur, se produire ainsi vêtu tient presque de l’épreuve sportive. Cela n’empêche pourtant pas le frontman de parcourir la scène en permanence.
Visuellement, Scare The Children tranche immédiatement avec ce qui a précédé. Et ce qui pourrait facilement virer au gadget conserve suffisamment de puissance musicale pour fonctionner face à un public qui se laisse prendre au jeu.
Curieusement, les plus jeunes spectateurs — nombreux sur le festival grâce à sa politique d’accès aux enfants — semblent beaucoup plus fascinés qu’effrayés par les créatures venues de Pékin.
Le contact est d’autant plus facile que le chanteur échange régulièrement en français avec le public.
Entre parc d’attractions horrifique et concert metal, Scare The Children vient d’ajouter une première vraie anomalie visuelle à cette journée. Ce ne sera pas la dernière.

  • Elwood Stray : l’Allemagne passe à l’attaque

Place ensuite à Elwood Stray, formation allemande évoluant à la frontière du post-hardcore et du metalcore.
Ici, moins de théâtre : l’impact vient principalement des guitares, de l’alternance entre agressivité et parties mélodiques et d’une énergie très contemporaine.
Même sous un soleil qui rend tout déplacement superflu pour le commun des mortels, le groupe ne ménage pas ses mouvements. Le frontman, pourtant habillé comme si la météo avait décidé de perdre quinze degrés, mène le set tambour battant.
Elwood Stray n’est probablement pas encore le nom le plus attendu de cette affiche, mais sa prestation remplit parfaitement son rôle : maintenir la pression et offrir au public une photographie assez fidèle de cette génération post-hardcore/metalcore allemande qui continue de renouveler le genre.

  • Revocation : la démonstration technique

Avec Revocation, changement de catégorie.
Formé à Boston et emmené par David Davidson, le groupe américain célèbre désormais deux décennies d’existence. Et lorsqu’il s’agit de mettre les guitares au centre du débat, peu de formations de la journée peuvent réellement rivaliser.
Aux côtés de Davidson, la période actuelle de Revocation réunit notamment Harry Lannon à la guitare, Alex Weber à la basse et Ash Pearson à la batterie.
Le groupe se situe depuis longtemps à la rencontre du death metal technique et du thrash, avec cette capacité à faire cohabiter brutalité et sophistication sans transformer chaque morceau en concours de conservatoire.
Après quelques ajustements de son au début du concert, les guitares prennent leur véritable dimension. Davidson enchaîne riffs anguleux, accélérations et parties solistes avec cette facilité déconcertante propre aux musiciens qui donnent l’impression que le compliqué est finalement très simple.
Revocation défend également son neuvième album, New Gods, New Masters, sorti en septembre 2025. Un disque qui aborde notamment la place grandissante de l’intelligence artificielle et les dérives technologiques.
Le groupe conclut ses quelque 45 minutes avec Bound By Desire, rappelant au passage qu’après vingt ans de carrière il reste l’un des représentants les plus crédibles du metal extrême technique américain.
Après les breakdowns du début d’après-midi, voilà quelques cervicales mises à contribution autrement.

 

  • HOKKA : la nouvelle connexion finlandaise

Le nom est récent, mais les visages le sont beaucoup moins.
HOKKA réunit trois générations de la scène rock finlandaise : Joel Hokka, ex-frontman de Blind Channel, Pauli Rantasalmi, membre fondateur et ancien guitariste-compositeur de The Rasmus, et le jeune batteur Jimi Aslak.
Autant dire que le groupe arrive avec un CV déjà bien rempli avant même d’avoir véritablement construit sa propre histoire.
Musicalement, HOKKA s’éloigne momentanément de la brutalité précédente. On retrouve cette mélancolie typiquement nordique mêlée à un rock moderne, très mélodique, quelque part dans la continuité naturelle des parcours de Hokka et Rantasalmi.
Joel Hokka tente quelques phrases en français, sollicite régulièrement la foule et plaisante sur le fait d’avoir quitté Helsinki à la recherche de chaleur. À Cudrefin, le cahier des charges est rempli au-delà de toute espérance.
Le jeune groupe termine notamment avec In The Darkness, son premier single, morceau qui résume assez bien cette volonté de mélanger froideur mélodique finlandaise et production rock contemporaine.
Puis vient une scène improbable : Angels de Robbie Williams résonne dans la sono pendant la traditionnelle photo prise avec le public, donnant lieu à une petite chorale collective.
Des centaines de metalleux chantant Robbie Williams en plein festival ? Après tout, pourquoi pas.

  • Ten56. : brutalité à la française

Retour immédiat aux choses sérieusement lourdes avec ten56.
La formation parisienne, emmenée par Aaron Matts, ancien chanteur de Betraying The Martyrs, s’est imposée en quelques années parmi les propositions les plus brutales du metal moderne français.
Autour de Matts gravitent notamment les guitaristes Quentin Godet et Luka Garotin, Arnaud Verrier à la batterie et la basse massive indispensable à cette architecture sonore.
Chez ten56., les frontières entre deathcore, metalcore, nu metal et sonorités industrielles explosent rapidement. Les guitares descendent dans les profondeurs, les rythmiques frappent physiquement et Aaron Matts transforme chaque intervention vocale en agression contrôlée.
Le groupe arrive pourtant à Cudrefin diminué. Après avoir joué en Allemagne la veille, plusieurs membres sont souffrants. Matts le signale au public sans chercher à dramatiser la situation.
Difficile de s’en apercevoir une fois le concert lancé.
L’intensité reste considérable et ten56. délivre exactement ce que son public est venu chercher : une musique faite pour provoquer davantage un impact physique qu’une écoute contemplative.
À ce stade de la journée, Rock The Lakes a sérieusement commencé à maltraiter les organismes.

  • Mushroomhead : le chaos organisé

Et voilà Mushroomhead.
Depuis plus de trente ans, les Américains de Cleveland cultivent une identité immédiatement reconnaissable : masques, esthétique horrifique, metal alternatif et industriel, multiplicité des voix et déploiement massif de percussions.
Le collectif actuel s’articule notamment autour du membre fondateur Steve “Skinny” Felton, de Steve Rauckhorst, Scott Beck, de la chanteuse Jackie LaPonza, du guitariste Dave “Gravy” Felton ou encore du bassiste Ryan Farrell.
Sur scène, les masques font évidemment leur retour, tandis que les imposantes percussions installées à l’avant du plateau deviennent rapidement un élément central du spectacle.
Mushroomhead ne joue pas seulement devant la foule : il cherche continuellement à supprimer la frontière avec elle.
Très rapidement, l’un des chanteurs rejoint les festivaliers. Jackie LaPonza ne tarde pas à suivre le mouvement. Le crowdsurfing se multiplie dans tous les sens et transforme la fosse en véritable tapis roulant humain.
Dans cette joyeuse pagaille surgit même When Doves Cry de Prince, intégré au set à la manière Mushroomhead.
Le morceau figurait d’ailleurs dans les concerts joués par le groupe quelques jours auparavant, au milieu d’un répertoire comprenant alors des titres comme Eye To Eye, Fall In Line, Qwerty, Sun Doesn’t Rise, Solitaire/Unraveling, The Heresy, Madness Within ou 12 Hundred.
Mais plus encore que les titres, c’est l’image qui reste : masques, percussions, musiciens dans le public, slammers par dizaines et même un bénévole chargé de distribuer de l’eau qui se retrouve porté au-dessus des têtes tout en poursuivant sa mission.
Pendant une heure, Cudrefin ressemble moins à un festival qu’à une gigantesque cour de récréation pour adultes turbulents.

  • Coroner : la précision suisse

Après le chaos, la chirurgie.
Les Suisses de Coroner n’ont pas besoin de courir partout pour imposer leur autorité.
Formé à Zurich dans les années 1980, le trio a construit sa réputation sur un thrash metal technique et progressif dont la complexité n’a jamais sacrifié la puissance.
Au centre de la machine se trouve toujours Tommy Vetterli, guitariste dont la précision mérite à elle seule une observation attentive. À ses côtés, Ron Broder tient basse et chant tandis que la batterie assure l’assise indispensable à ces architectures rythmiques.
L’autre actualité majeure du groupe est évidemment discographique. Après plus de trois décennies sans véritable nouvel album studio, Coroner est revenu avec Dissonance Theory.
Les nouvelles compositions sont désormais pleinement intégrées au spectacle et ne donnent nullement l’impression d’être là pour occuper la place entre deux classiques.
Le son est particulièrement lisible, ce qui n’est jamais anodin pour une musique aussi dense. Chaque riff respire, chaque changement de rythme trouve sa place et Vetterli rappelle tranquillement pourquoi son nom reste entouré d’un tel respect chez les guitaristes.
Ron Broder échange même en français avec le public avant d’introduire Grin (Nails Hurt).
Pour cette prestation, la setlist est particulièrement intéressante :
Oxymoron – Consequence – Sacrificial Lamb – Divine Step (Conspectu Mortis) – Serpent Moves – Masked Jackal – Symmetry – Metamorphosis – Grin (Nails Hurt) – Renewal.
Dix morceaux, anciens et nouveaux, qui rappellent que Coroner n’est pas uniquement un groupe culte revenu exploiter son passé.
En 2026, la machine est bel et bien vivante.

  • Clawfinger : humour, groove et vieux réflexes

Quelques minutes plus tard, changement de philosophie avec les Suédois de Clawfinger.
Pionnier européen de la fusion entre metal, groove et phrasé rap au début des années 1990, le groupe possède toujours un atout difficile à reproduire : Zak Tell.
Le chanteur n’a jamais eu besoin de beaucoup de temps pour établir le contact avec une foule. Quelques phrases, quelques provocations et une généreuse dose d’autodérision suffisent.
Le groupe plaisante sur son précédent passage au Rock The Lakes, sur l’évolution du festival et surtout sur une évidence que personne ne cherche réellement à cacher : une énorme partie du public commence déjà à penser à Arch Enemy.
Plutôt que de lutter contre la situation, Clawfinger en fait un gag.
« Hello Arch Enemy fans! » : le ton est donné.
Cela n’empêche évidemment pas le groupe de défendre ses propres armes. Guitares lourdes, basse très présente, beats presque hip-hop et diction immédiatement identifiable de Zak Tell : la recette n’a rien perdu de son efficacité.
Le chanteur tourne même en dérision le rituel du rappel, expliquant en substance qu’ils vont quitter la scène, attendre que le public fasse suffisamment de bruit puis revenir comme si personne ne savait déjà ce qui allait se passer.
Parmi les valeurs sûres du final figure The Truth, morceau emblématique du premier album paru en 1993.
La setlist tourne autour de morceaux comme Hold Your Head Up, Recipe For Hate, Nothing Going On, Ball & Chain, Scum, Biggest & The Best, The Truth et Do What I Say.
Une chose, en revanche, ne nécessite aucune base de données : trente ans plus tard, Clawfinger sait toujours faire bouger une fosse.

  • Arch Enemy : nouvelle voix, même puissance de feu (lire également notre interview de Michael A. & Lauren H dans nos pages consacrées)

L’atmosphère change.
Depuis déjà un moment, les mouvements de foule ne trompent personne. Les festivaliers glissent progressivement vers la scène principale et les rangs se resserrent.
Arch Enemy est probablement le groupe le plus attendu de ce samedi.
Et pas uniquement parce qu’il occupe la place de tête d’affiche.
Cette tournée marque une nouvelle étape importante dans l’histoire des Suédois avec l’arrivée de Lauren Hart, également chanteuse de Once Human, au micro.
Succéder à une personnalité vocale et scénique aussi installée qu’Alissa White-Gluz n’a rien d’une formalité. La curiosité est donc énorme lorsqu’arrive l’heure de vérité.
Derrière, l’ossature instrumentale reste redoutable : Michael Amott conduit toujours la formation à la guitare, épaulé par Joey Concepcion, tandis que Sharlee D’Angelo à la basse et Daniel Erlandsson à la batterie constituent une section rythmique dont l’efficacité n’est plus à démontrer.
Le rideau tombe et Arch Enemy attaque directement avec Yesterday Is Dead And Gone.
Pas de phase d’observation.
The World Is Yours puis War Eternal suivent et permettent rapidement de mesurer l’intégration de Lauren Hart. Vocalement, la puissance est là. Surtout, elle ne cherche pas à reproduire artificiellement ses prédécesseures. Son placement et sa présence construisent déjà leur propre identité tout en restant parfaitement compatibles avec l’ADN du groupe.
Les guitares constituent cependant toujours le véritable moteur d’Arch Enemy.
Le tandem Amott/Concepcion se montre d’une redoutable précision. Harmonies jumelles, rythmiques tranchantes et solos se détachent parfaitement dans le mix, même si la basse prend par moments beaucoup de place.
La production visuelle profite pleinement des écrans LED installés pour cette édition. Quelques effets pyrotechniques viennent compléter le spectacle, utilisés avec une certaine retenue compte tenu de la sécheresse et de la chaleur qui ont accompagné toute la journée.
Lauren Hart prend ensuite le temps de se présenter avant To The Last Breath, titre associé à cette nouvelle période du groupe.
La seconde partie du concert aligne alors plusieurs pièces maîtresses : The Eagle Flies Alone, Bury Me An Angel, morceau remontant aux origines mêmes d’Arch Enemy, puis No Gods, No Masters.
Le contraste entre les différentes époques fonctionne remarquablement bien.
Lorsque retentit We Will Rise, environ soixante-dix minutes se sont écoulées et la foule donne déjà l’impression d’avoir reçu ce qu’elle attendait.
Mais le rappel reste à venir.
Des paysages hivernaux apparaissent sur les écrans avant Snow Bound, instrumental qui laisse naturellement Amott et Concepcion prendre toute la lumière.
Et il reste une cartouche. Nemesis. Impossible d’imaginer conclusion plus évidente.
Le refrain est repris massivement tandis que d’imposants ballons Arch Enemy rebondissent au-dessus du public.
La nouvelle incarnation du groupe vient de passer son examen suisse.
Et elle ne s’est pas contentée de limiter les dégâts.
Arch Enemy version Lauren Hart fonctionne.

  • Lord Of The Lost : les derniers debout plongent dans la nuit .

Après Arch Enemy, une partie du public commence logiquement à rejoindre camping, parkings et navettes. Ceux qui restent disposent pourtant encore d’une heure de musique avec les Allemands de Lord Of The Lost.
La transition est radicale.
Avec Chris Harms comme maître de cérémonie, la formation hambourgeoise mélange metal gothique, dark rock, indus et esthétique glam dans un univers où l’image compte presque autant que la musique.
Autour de Harms, le groupe traverse également une période d’évolution. Benjamin “Benji” Mundigler occupe désormais une place importante aux guitares et claviers, tandis que Gared Dirge et Niklas Kahlrestent des piliers de la mécanique live. La basse est assurée sur cette période de tournée par Dom. R. Crey, Class Grenayde ayant annoncé une pause.
L’actualité discographique tourne autour du monumental projet OPVS NOIR, trilogie qui multiplie les collaborations et pousse encore plus loin la dimension théâtrale de Lord Of The Lost.
Évidemment, reproduire sur scène toutes les participations présentes sur disque est impossible. Le groupe préfère donc adapter ce matériel à sa propre configuration live.
Parmi les morceaux joués à Cudrefin, I Hate People apporte un dernier regain d’énergie aux festivaliers qui tiennent encore debout.
La production lumineuse paraît forcément plus modeste après l’armada déployée par Arch Enemy, mais Chris Harms possède suffisamment de charisme pour éviter que le concert ne ressemble à un simple épilogue.
Lord Of The Lost ferme ainsi cette longue journée dans un registre complètement différent de celui qui l’avait commencée douze heures auparavant.

Une journée sans véritable temps mort
Ce samedi résume finalement assez bien ce que Rock The Lakes est en train de devenir.
Le festival a suffisamment grandi pour accueillir des productions comme celle d’Arch Enemy et proposer une véritable tête d’affiche en full show, tout en continuant de placer des groupes suisses émergents en début de programmation et des formations moins connues sur ses différentes scènes.
De Uncircle et Alchemists jusqu’à Arch Enemy et Lord Of The Lost, la journée aura traversé metalcore, death technique, metal industriel, thrash, horror metal, rock finlandais, neo metal et metal gothique sans véritable rupture de rythme.
La chaleur aura été l’autre tête d’affiche non annoncée. Avec elle : poussière, litres d’eau, recherche d’ombre et organismes progressivement mis à contribution.
Musicalement, Revocation et Coroner auront offert les passages les plus techniques, Mushroomhead le moment le plus chaotique et visuel, Clawfinger la parenthèse la plus décontractée, tandis qu’Arch Enemy aura concentré la plus grosse attente populaire.
Et l’une des principales interrogations du week-end aura trouvé sa réponse : l’arrivée de Lauren Hart n’a pas désarmé Arch Enemy. Au contraire, ce premier chapitre ouvre peut-être une nouvelle période particulièrement intéressante pour les Suédois.
Lorsque les dernières notes de Lord Of The Lost disparaissent dans la nuit de Cudrefin, il est largement temps de laisser souffler les cervicales.

Enfin… jusqu’au dimanche.

Setlist
running order

Running-order :

Uncircle,
Alchemists,
Scare The Children,
Elwood Stray,
Revocation,
Hokka,
Ten56,
Mushroomhead,
Coroner,
Clawfinger,
Arch Enemy
Lord Of The Lost

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