Le Noumatrouff affichait complet pour célébrer la release party de « Deus Ex », le nouvel LP des Mulhousiens de SMASH HIT COMBO.
Une soirée placée sous le signe du chaos numérique, de la surcharge mentale et des riffs assassins, dans une salle survoltée où la fusion rap/metal du groupe alsacien allait frapper avec une violence clinique…
Avant l’arrivée du combo phare de la soirée, deux formations avaient déjà préparé le terrain avec intelligence… et brutalité.
L’ouverture des hostilités est assurée par KAMI NO IKARI, littéralement la colère des dieux en japonais, porté par un Amarino Barros particulièrement habité derrière le micro. Entre deathcore mélodique et énergie frontale, le groupe impose immédiatement une atmosphère lourde et intense.
Quelques minutes plus tard, changement de dimension avec HORSKH. Fraîchement revenu de Leipzig dans le cadre de sa tournée européenne 2026, le trio bisontin effectue une halte remarquée à Mulhouse pour une collision sonore massive entre metal industriel et transe electro. Une performance hypnotique et martiale. Le public visiblement a adoré!
Lorsque Smash Hit Combo entre en scène, le Noumatrouff explose immédiatement. La release party de « Deus Ex » prend alors des allures de crash numérique géant où chaque morceau agit comme un niveau supplémentaire dans une descente cyberpunk sous haute tension.
Le groupe ouvre les hostilités avec « Tyler », plongée brutale dans le dédoublement de personnalité et la rage intérieure. Les flows claquent, les riffs cognent pour le très cinématographique « Terreur Nocturne » qui enchaîne avec une ambiance electro sombre et anxiogène, entre hallucinations, cauchemars et visions déformées.
Sur scène, Paul “HP” Henry éructe ses textes avec une rage viscérale tandis qu’Arthur Rohou alterne flows et refrains avec une précision presque clinique, donnant encore plus de relief à cette tension psychologique permanente.
Le public bascule ensuite dans une séquence devenue culte avec « Baka », « In Game » et « Animal Nocturne », trois bombes issues de l’album « Playmore » sorti en 2015.
Le mélange rap metal, culture gaming et énergie néo-metal y fonctionne toujours avec une efficacité redoutable. La salle reprend chaque refrain comme un mantra générationnel.
Retour ensuite dans les abysses technologiques avec « MCP », morceau qui replonge dans les algorithmes, l’intelligence artificielle et les dérives numériques avec un son mécanique implacable. Les rythmiques industrielles et les breaks ultra lourds transforment le pit en zone de turbulence permanente, pendant que Brice “James” Hincker martèle ses patterns avec une précision quasi industrielle.
Avec « Paranoid », Smash Hit Combo pousse encore plus loin la violence deathcore moderne. La réalité semble buguer, les voix se démultiplient et l’atmosphère devient presque schizophrénique. Une véritable décharge nerveuse où la basse de Matthieu “Bulldozer” Willer vient épaissir encore davantage cette sensation d’écrasement sonore.
« Deadline » poursuit cette montée sous pression permanente, évoquant l’épuisement moderne et cette sensation d’étouffement numérique permanent.
La narration reprend ensuite avec « Split Part I », construit autour de la fragmentation mentale et de la perte d’identité. Une transition sombre et intelligente avant l’arrivée surprise de « État Second », unique survivant de l’EP « Loading » datant de 2010 en clin d’œil aux fans de la première heure.
Le voyage continue avec « RPG », extrait de « L33T » (2017), puis « Mirage » issu de l’EP « Reboot » de 2021. Deux morceaux qui démontrent parfaitement la capacité du groupe à mélanger culture geek, agressivité metal et textures électroniques futuristes sans jamais perdre en impact. À la guitare, Baptiste “Bat” Ory cisaille l’espace avec des riffs acérés et des textures modernes qui renforcent encore l’identité du groupe.
Puis vient probablement l’un des moments les plus jouissifs du concert avec (Shotaro) « Kaneda », probable hommage à l’univers cyberpunk d’AKIRA. Ambiance néo-Tokyo, fusion rap/metal ultra futuriste et énergie urbaine.
Le public savoure ensuite « Ghost Hunter », véritable chasse aux fantômes du passé. Un titre plus émotionnel mais toujours traversé par cette lourdeur mécanique typique du groupe.
Enfin, pour conclure cette release party en apothéose, Smash Hit Combo replonge dans son album culte « Nolife » de 2007 avec les incontournables « HxC Gamer » et « Hostile ». Deux hymnes générationnels repris à pleins poumons par un public totalement acquis à la cause du combo alsacien.
Au Noumatrouff, cette release party de « Deus Ex » a certes célébré un nouvel album, mais aussi rappelé avec force pourquoi Smash Hit Combo reste l’une des formations les plus singulières et visionnaires de la scène fusion française : un groupe capable de transformer les angoisses numériques modernes en une arme sonore massive, entre rage metal, culture gaming et dystopie cyberpunk.