Avec pas moins de 4 concerts ce samedi 13 juin 2026, La Laiterie a gâté son public! En effet, un très très beau plateau avait été réuni autour de la tête d’affiche que sont les Américains de Kylesa, à savoir Mars Red Sky, Monkey3 et une fusion de ces deux formations.
Pour démarrer la soirée à 19h30 (oui, c’est presque matinal!), on retrouve donc Mars Red Sky à la manoeuvre. Le trio bordelais se fend d’un court set de 6 titres d’une demi-heure à l’esthétique stoner, aux accents cosmiques et à l’imagerie qui interroge: des essais nucléaires soufflant des installations techniques, des boucles d’engins de terrassement, … le tout plaqué sur une pellicule surannée. Bref, on joue la carte vintage.
Lors du dernier titre, les copains de Monkey3 débarquent sur scène, Goguenards, ils empoignent leurs instruments respectifs et se greffent à la perfection dans les dernières mesures entamées de The light Beyond. Julien Pras, Jimmy Kinast et Mathieu Gazeau se dérobent sous les applaudissements, laissant les 3 Helvètes reprendre le flambeau dans un registre similaire, mêlant puissance et psychédélisme. A plusieurs reprises, on pourrait fermer les yeux et entendre du Pink Floyd, notamment dans les élans guitaristiques et les bends qui se succèdent avec bonheur.
De nouveau et sans intervention des roadies, car tout avait été ajusté comme du papier à musique auparavant, la première formation fait une nouvelle entrée sur scène et se fond à son tour dans le dernier titre des Suisses. S’en suit pour une belle trentaine de minutes la prestation d’un super groupe, Monkeys on Mars: 2 guitares, 2 basses, 2 batteries et un clavier, rien que ça! Un vrai travail d’orfèvre et de complémentarité à l’oeuvre pour cette armada musicale: les deux guitares se complétant (l’une lead et assurant les soli, l’autre à la rythmique), idem pour les basses et les batteries, qui, dans un jeu intelligent et génial, se répondent tantôt sur des titres sublimés de chaque formation (une version magistrale de Strong reflection), soit sur le final vibrant de cet orchestre que fut Hear the call. Sans exagération, un vrai moment suspendu. On en oublierait presque qu’il ne s’agissait alors que des premières parties du jour. Fin du premier acte.
Cette fois-ci, une mi-temps s’impose: changement de plateaux et surtout, besoin pour certains de faire le plein au bar. Alors que certains se remplissent le gosier, d’autres en profitent pour vider leur portefeuille aux deux stands de merch (…). 21h30, les lumières se sauvent, Kylesa entre en scène. Désormais, on change d’ambiance avec le thème sinistre qu’est Backwards Priests, titre tout droit extrait de la BOF d’Eyes Wide Shoot et qui installe une sombre pesanteur. De la moiteur même… (les connaisseurs du dernier Kubrick, se remémoreront la scène précise).
Fidèle à son style sludge, le gang géorgien envoie du lourd pendant plus d’une heure, c’est-à-dire des motifs rugueux flirtant avec le doom, agrémenté d’un chant en proie à la versatilité comme sur Tired climb; en somme du sauvage couplé à du suave. Derrière une nonchalance de façade, le quatuor emmené par Laura Pleasants semble ravi d’être ici ce soir. Les premiers mots à destination du public – environ 400 spectateurs ce soir, n’arrivent qu’à l’issue du 3e titre, mais les sourires sincères qui suivent témoignent d’une réelle satisfaction d’être là sur scène. Tant mieux car côté public, on s’en donne à coeur joie à chaque assaut du groupe de Savannah.
On n’oublie pas les prestations de début de soirée, mais désormais on est dans un tout autre registre avec les Américains. Moiteur disais-je plus haut, la réalité à l’issue du show est un cran supérieur.
Conclusion:
Une grande programmation + de l’intensité = une soirée de grande qualité.
































