Les griffes dans la prise !
Chez Tygers of Pan Tang, le heavy metal reste une affaire de guitares et de conviction. Issus de cette vague britannique qui a redessiné le paysage métallique au tournant des années 1980, les compagnons de Robb Weir poursuivent une histoire dont Wild Cat et Spellbound restent les grands repères. Avec Electrifyed, ils affichent une intention très claire : remettre du poids dans les riffs, tout en conservant leur goût de la mélodie.
Jack Meille résume cette ligne de conduite en quelques mots :
« Plus c’est heavy, mieux c’est !»
Traduction du mot d’ordre qui a accompagné l’écriture et l’enregistrement. Le groupe revendique notamment l’énergie brute de Wild Cat. Voilà qui situe le terrain : du métal britannique, de la tension dans les cordes et des chansons qui doivent tenir debout sans décoration superflue.
Ce retour aux fondamentaux accompagne aussi un changement dans les rangs : John Foottit signe ici son premier album avec les Tygers, aux côtés de Weir. Jack Meille au chant, Huw Holding à la basse et Craig Ellis à la batterie complètent une formation qui a choisi de placer les guitares au centre du jeu. Marco Angioni accompagne le groupe à la production.
L’enjeu d’un disque comme Electrifyed tient précisément à cet équilibre entre puissance et lisibilité. Alourdir le propos n’a d’intérêt que si les chansons gardent leur personnalité. Chez les Tygers, la mélodie fait partie du moteur : elle donne une direction à l’attaque, une raison de revenir au morceau une fois la première décharge passée. C’est cette rencontre entre le tranchant du heavy et l’efficacité du hard rock qui constitue leur terrain naturel.
Dix titres, un peu moins de quarante-sept minutes, de « Rise Up! » à « Revenge Is Sweet » : le format conserve les proportions d’un véritable album, avec de la place pour développer les morceaux. Son titre pourrait presque servir de profession de foi. À ce stade d’une carrière, revendiquer encore l’électricité, le riff et l’envie d’en découdre possède quelque chose de réjouissant.
Avec Electrifyed, les Tygers remettent leur identité au premier plan. Le cuir a pris de l’âge ; l’envie de faire parler les amplis reste au cœur du projet !


