Trois ans après « Complete Collapse », les Américains de Sleeping With Sirens viennent clore leur chapitre conceptuel avec « An Ending in Itself », troisième et dernier volet de leur trilogie. Sur le papier, la promesse d’un grand final pour l’une des figures de proue du post-hardcore moderne avait de quoi allécher. À l’écoute, le résultat laisse malheureusement une impression très contrastée : un disque qui n’est pas mauvais en soi, mais auquel il manque la fureur et le grain de folie habituels du combo.
L’atout vocal face à un virage trop assagi
Qu’on adhère ou non à son timbre de voix si particulier et haut perché, le leader Kellin Quinn reste un chanteur d’exception. Sa signature vocale demeure intacte et continue de porter le projet à bout de bras. Le véritable problème du disque vient plutôt de son tempo global.
Pour un groupe réputé pour sa hargne, ses rythmiques survoltées et ses performances scéniques volcaniques, « An Ending in Itself » s’avère étonnamment doux… basculant même parfois dans le franchement mou. À force de tempérer son jeu et de multiplier les mid-tempos léchés, la formation perd une grande partie de l’énergie brute qui faisait son identité.
Quand la formule originelle refait surface
Il est donc difficile de s’enthousiasmer pour l’album dans sa globalité. Pour autant, la galette réserve de très belles fulgurances lorsque le groupe décide de refaire du « Sleeping With Sirens » pure souche. Sans surprise, les morceaux les plus marquants sont ceux où le quintette accélère la cadence et délivre ce qu’il sait faire de mieux : des riffs rapides, une section rythmique incisive et des refrains accrocheurs qui restent en tête.
Parmi les réussites incontestables du disque, on retient « An Ending in Itself », le titre éponyme en ouverture, qui pose d’emblée d’excellentes bases énergiques, »House of Matches », un morceau nerveux (le meilleur) où la voix de Kellin Quinn fait de véritables merveilles, ou encore « Paralyzed » et « Process », deux cartouches d’une efficacité redoutable, qui rappellent pourquoi le groupe a écumé la scène alternative pendant plus d’une décennie.
« An Ending in Itself » brille par intermittence : dès que le groupe retrouve sa vitesse de croisière et son agressivité, la magie opère. Mais le reste du disque peine à décoller. En résumé, « An Ending in Itself » offre une conclusion honnête mais timide à la trilogie discographique. Si les fans de la première heure y trouveront quelques pépites incontournables (« House of Matches », « Process »), l’ensemble manque cruellement de hargne et d’audace. Un album agréable, mais qui souffre d’un manque de relief général pour une formation de ce calibre.


