Difficile d’aborder cet album sans commencer par la fin, tant les événements récents ont éclairé d’un jour nouveau la sortie du disque. Et rarement un morceau de clôture n’aura aussi bien porté son nom que « I Made It ». Caleb Shomo y chante « It’s just been coming out of me, For a long time, and, um There’s just a point you hit, Where you decide, Am I ever gonna fucking just give up. And love who I am or not? »
Depuis ses débuts, Beartooth a toujours été l’exutoire brut des démons intérieurs de Caleb Shomo. Ce nouvel opus, « Pure Ecstasy », ne déroge pas à la règle, mais il pose les jalons d’un chapitre fondamentalement plus apaisé.
Un album précurseur d’un nouveau chapitre
Bien que le disque ait été entièrement écrit avant la sortie du single « Free » et sa vidéo provoquant une vague de haine qui a poussé le chanteur à s’éloigner des réseaux sociaux puis de faire son coming out, l’écoute de « Pure Ecstasy » prend aujourd’hui une résonance toute particulière. En affirmant après coup que « sa future musique refléterait ce qu’il vit dans ce nouveau chapitre de sa vie », Caleb Shomo a donné une grille de lecture différente à ses compositions : l’album témoignait déjà, en filigrane, d’un artiste en train de se libérer d’un poids immense.
Un « Easy Metalcore » contagieux et souriant
Enveloppé dans une solide couche d' »Easy Metalcore » accessible et ultra-efficace (et parfois un peu facile), Pure Ecstasy détonne par sa clarté. Là où le groupe nous avait habitués à une catharsis sombre et étouffante, ce nouvel opus brille par ses refrains enjoués et communicatifs qui donnent instantanément le sourire malgré les thèmes abordés : « Sorry », titre tout simplement jouissif, porté par une dynamique irrésistible (LE titre de la galette), « Free », le single phare qui prend désormais une autre dimension, « For Me By Me » et « I Made It », deux morceaux poignants où la voix de Shomo résonne avec une sincérité rare, marquant la fin (provisoire) d’une longue lutte personnelle.
Pure Ecstasy n’est pas seulement un album de Metalcore : c’est le témoignage d’un homme qui cherche son propre chemin vers la lumière. Même si, d’un point de vue strictement musical, cet album reste objectivement un cran en dessous du massif « The Surface », « Pure Ecstasy » n’en demeure pas moins une étape rafraîchissante et profondément humaine dans la discographie de Beartooth. Un disque lumineux qui promet un avenir particulièrement intéressant et renouvelé pour le groupe.


