Ringo Star ! La BD

Rédacteur

Bruce Tringale

Photographe

DR

Catégorie d'article

Date de sortie

Label (si présent)

Ringo par Hervé Bourhis
Casterman – 20 pages – 104 pages

En 1968, en pleine création du mythique « Double Blanc », Ringo Starr quitte temporairement les Beatles. Épuisé par les tensions internes et persuadé de ne plus être à la hauteur, il part se réfugier en Sardaigne. Isolé, il replonge dans ses souvenirs : une enfance pauvre et marquée par la maladie, le Liverpool populaire des années 1950, les clubs enfumés, puis son arrivée tardive au sein du plus grand groupe du monde.

L’an dernier, nous avions publié sur un autre site (Le Son de Pierre en VF) la première chronique de ce projet ambitieux d’Hervé Bourhis : attribuer à chaque Beatle sa propre BD. Le premier volume, consacré à McCartney, ayant été spolié et éradiqué de la webosphère, nous enchaînons donc chez Glob’All Musics avec le Scarabée le plus ambigu : à la fois le plus populaire et le moins reconnu artistiquement.

Si George Harrison finira par tirer son épingle du jeu, le père Ringo ne sera finalement reconnu ni pour son jeu de batterie (rapidement éclipsé, dans les années 1970, par les prouesses techniques de Keith Moon, John Bonham ou Mitch Mitchell), ni pour ses compositions, et encore moins pour sa voix.

C’est le point de départ de ce biopic bande dessinée : sur son yacht, le lecteur surprend Richard Starkey en plein à-quoi-bonisme : « À quoi bon jouer dans un groupe qui ne m’aime pas et qui me remplacera facilement ? » L’occasion de revenir aux origines des Beatles et de rappeler que ces voyous de Liverpool firent une cour assidue à Ringo pour qu’il remplace Pete Best, le plus grand loser de l’histoire du rock, qui en compte pourtant une flopée.

Bourhis parvient à rendre sa BD parfaitement lisible, à donner à ses personnages une véritable ressemblance avec leurs modèles et, surtout, à proposer un récit aussi fluide que documenté, sans surcharger ses planches d’informations superflues ou de pavés de texte. Le mythe de ces garçons bien propres en prend d’ailleurs un coup quand on apprend que, durant leur période à la Cavern, les jeunes premiers se lavaient avec l’eau des chiottes…

Pour le reste, on retrouve notre Ringo sentimental, mélancolique et profondément gentil. S’il y a moins d’anecdotes et de frasques à raconter que pour McCartney et Lennon, le caractère placide de l’homme-enfant des Beatles permet à Bourhis de livrer des planches fantaisistes et inspirées, tout en rappelant, à la fin de l’album, à quel point les pulsations de sa batterie ont permis aux adorateurs des Beatles de prendre le pouls de la plus célèbre formation de l’histoire du rock.

Le beat, c’était bien lui.

 

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