MOTIONLESS IN WHITE – « DECADES »

Rédacteur

Thierry Forgiarini

Catégorie d'article

Nom de l'album

DECADES

Date de sortie

17 juillet 2026

Label (si présent)

Roadrunner

Setlist de l'album

Set List:

1. Decades
2. log_in//crash_out
3. R.I.P. (feat. Skylar Grey)
4. Fight Like Hell
5. Playing God (feat. Corey Taylor)
6. All That I’ve Ever Known
7. Blood Rave (feat. Anthony Martinez)
8. Love At First Bite
9. Count Back From Zero
10. Blood Pact
11. Afraid Of The Dark
12. Sunglasses At Night
13. Hollywood (Bonus Track)

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Le passé comme carburant, l’avenir en ligne de mire

Avec Decades, Motionless In White ne signe pas simplement un nouvel album : le quintette américain livre une véritable rétrospective de vingt années d’évolution musicale, tout en confirmant sa place parmi les locomotives du metal moderne. Sans chercher à renier son identité, le groupe rassemble ici toutes les facettes qui ont façonné son parcours, du metalcore brutal aux atmosphères gothiques, en passant par l’industriel, l’électro et des refrains calibrés pour les plus grandes scènes.

Dès le morceau-titre, le ton est donné. Les riffs sont massifs, les orchestrations cinématographiques et les textures électroniques viennent enrichir un ensemble à la fois sombre et terriblement efficace. Chris Cerulli  impressionne une nouvelle fois par l’étendue de son registre, passant avec aisance de growls rageurs à un chant clair particulièrement habité, tandis que les guitares de Ryan Sitkowski et Ricky Olson conservent toute leur puissance sans jamais se laisser étouffer par une production monumentale.

L’album alterne intelligemment violence et mélodie. « Fight Like Hell » ou « Playing God », porté par un Corey Taylor particulièrement incisif, renouent avec un metalcore frontal et explosif, alors que « R.I.P. », en compagnie de Skylar Grey, ou « Afraid Of The Dark » dévoilent une facette plus émotionnelle et aérienne. Les nombreuses influences électroniques – synthwave, indus, techno ou encore touches plus modernes – s’intègrent naturellement à l’ensemble sans donner l’impression d’un simple exercice de style.

Motionless In White démontre qu’il maîtrise parfaitement cet équilibre entre lourdeur, accessibilité et efficacité.

Si Decades ne révolutionne pas totalement la formule développée sur les précédents albums, il en constitue sans doute l’aboutissement. Le groupe préfère consolider son identité plutôt que partir dans une fuite en avant permanente, et cette maturité se ressent dans chaque composition. Certains regretteront peut-être un léger sentiment de familiarité sur quelques passages, mais la qualité d’écriture, la cohérence de l’ensemble et l’impact des morceaux compensent largement cette relative prudence.

Pensé autant pour l’écoute que pour les grandes scènes, Decades confirme que Motionless In White possède aujourd’hui un univers immédiatement identifiable et une maîtrise impressionnante de son art. Un album dense, spectaculaire et fédérateur qui célèbre le chemin parcouru tout en laissant entrevoir un avenir encore riche en possibilités.

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