ANTHRAX — Cursum Perficio

Rédacteur

Alexandre Coesnon

Catégorie d'article

Nom de l'album

CURSUM PERFICIO

Date de sortie

18/09/2026

Label (si présent)

Nuclear Blast

Setlist de l'album

  1. Persistence of Memory
  2. The Long Goodbye
  3. It’s For the Kids
  4. Everybody’s Got a Plan
  5. The Edge of Perfection
  6. Infectious
  7. NYC93
  8. Cursum Perficio
  9. T.O.M.B
  10. Watch It Go
  11. My Victory

Suivez-nous

Dernières chroniques

Dix ans d’attente, toujours les crocs !

Dix ans depuis For All Kings. Même pour un groupe qui a toujours préféré prendre son temps entre deux disques, l’entracte commençait à tirer en longueur. Avec Cursum Perficio {Mon voyage est arrivé à son terme}, Anthrax remet enfin du neuf dans les enceintes. Et forcément, quand on porte un tel nom, les attentes dépassent largement le simple plaisir des retrouvailles.

Né à New York en 1981, Anthrax représente le versant le plus remuant du Big Four du thrash américain. Du mordant, une culture hardcore, des refrains qui rassemblent et cette voix de Joey Belladonna qui apporte au chaos une dimension résolument heavy metal : voilà une personnalité qui ne s’est jamais résumée à jouer plus vite que le voisin. Autour du chanteur, Scott Ian, Charlie Benante, Frank Bello et Jonathan Donais poursuivent aujourd’hui l’aventure avec la même formation que sur le précédent album.

Le retour s’organise autour de deux envies : retrouver le contact immédiat avec les fans et donner davantage d’espace aux compositions. Pour « It’s For The Kids », Scott Ian résume ainsi son intention : « L’album avait besoin d’un morceau de thrash de quatre minutes rappelant nos débuts » — traduction de sa déclaration accompagnant la sortie du single. Enregistré au Studio 606 avec Jay Ruston à la production, le disque prolonge une collaboration déjà bien installée.

Ce qui se dessine ici, c’est un Anthrax partagé entre l’instinct de la fosse et des préoccupations plus intimes. « The Long Goodbye », lié au combat du père de Scott Ian contre Alzheimer, donne au retour une gravité particulière. À l’autre extrémité, « NYC 93 » et « Watch It Go » portent le versant le plus pressé du disque, tandis que « The Edge Of Perfection » participe à son ambition mélodique. Cette alternance constitue l’un des enjeux de l’album : maintenir la tension tout en élargissant le propos.

Après une aussi longue absence, la tentation serait de réclamer un nouvel Among The Living avant même de laisser ces chansons trouver leur place. Ce serait surtout enfermer Anthrax dans sa propre histoire. L’intérêt de ce douzième album tient précisément à la confrontation entre une identité immédiatement reconnaissable et ce que ses musiciens ont désormais à raconter. Les années accumulées donnent aussi d’autres sujets à la colère.

Le titre latin pourrait faire penser à un dernier chapitre. Charlie Benante a pourtant tenu à écarter cette lecture : « Le titre ne signifie pas que nous allons arrêter le groupe ». Voilà qui remet les choses en place !

Cursum Perficio arrive à un moment où Anthrax peut mesurer le chemin parcouru, tout en ayant encore envie d’écrire la suite. Et pour ceux qui attendent depuis dix ans, cette suite commence enfin et ils nous l’ont prouvé en ouvrant cette année pour Iron Maiden lors de leur tournée européenne.

Défilement vers le haut