ALABAMA SHAKES – I Must Be Dreaming

Rédacteur

Alexandre Coesnon

Catégorie d'article

Nom de l'album

I Must Be Dreaming

Date de sortie

28 août 2026

Label (si présent)

Island Records

Setlist de l'album

1. Tea Time

2. Another Life

3. Garden

4. I Feel Hope Coming

5. Time

6. Friends

7. Easy

8. How Love’s Supposed To Go

9. Waist Deep

10. American Dream

11. Tied To You

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Onze ans après Sound & Color, Alabama Shakes signe enfin son retour avec I Must Be Dreaming. Un retour très attendu, mais surtout intelligent : plutôt que de chercher à reproduire la recette qui avait fait le succès du groupe, Brittany Howard, Heath Fogg et Zac Cockrell choisissent de poursuivre leur évolution.

Formé en Alabama au début des années 2010, Alabama Shakes s’était rapidement imposé grâce à un mélange très personnel de soul sudiste, blues, rock et gospel. Boys & Girls avait révélé le groupe au grand public, tandis que Sound & Color avait montré un visage plus aventureux et psychédélique. Ce troisième album reprend clairement cette direction.

Brittany Howard résume d’ailleurs parfaitement l’état d’esprit de ces retrouvailles :

“It feels new, it feels fresh again.”

Et c’est exactement ce que l’on ressent.

I Must Be Dreaming conserve évidemment l’ADN du groupe : basse ronde, guitares organiques, groove chaleureux et cette voix immédiatement reconnaissable. Mais le disque se montre aussi plus atmosphérique, plus subtil et parfois franchement psychédélique.

“Tea Time” installe immédiatement cette ambiance presque hypnotique, tandis que “Another Life” laisse davantage parler la soul et les nuances de Brittany Howard. “Garden”, plus sensuel et nocturne, rappelle la capacité du groupe à faire beaucoup avec peu, en laissant énormément d’espace à la musique.

Le groupe sait également retrouver davantage de mordant avec “How Love’s Supposed To Go”, porté par une basse funky et des guitares plus nerveuses, alors que “Time” s’aventure vers des territoires plus flottants et psychédéliques.

Mais le disque ne parle pas uniquement d’amour. Des titres comme “American Dream” ou “I Feel Hope Coming” abordent aussi une Amérique traversée par les tensions, les inégalités et les contradictions, tout en conservant une forme d’espoir.

La véritable force de l’album reste toutefois Brittany Howard. Toujours capable d’une puissance vocale phénoménale, elle semble aujourd’hui encore plus impressionnante lorsqu’elle retient sa voix. Murmures, falsetto, silences et explosions sont utilisés avec beaucoup plus de maîtrise.

Et surtout, Alabama Shakes reste un vrai groupe. Heath Fogg et Zac Cockrell apportent cette couleur particulière qui empêche le projet de ressembler à un simple prolongement des albums solo de Howard.

Comme elle le dit elle-même :

“Everything around this group to me feels a little bit miraculous.”

Après onze ans d’absence, Alabama Shakes aurait facilement pu jouer la carte de la nostalgie. Il fait exactement l’inverse.

I Must Be Dreaming est un album plus mature, plus psychédélique et moins immédiat que Boys & Girls. On aurait parfois aimé un peu plus de cette sauvagerie blues-rock des débuts, mais ce choix aurait probablement été trop facile.

Alabama Shakes revient donc sans regarder derrière lui : les mêmes racines, la même personnalité, mais un groupe qui a clairement évolué.

Un retour élégant, profond et inspiré, qui prouve surtout qu’Alabama Shakes avait encore de très bonnes raisons de reprendre la route ensemble.

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