TIM MONTANA Entire State of Tim Montana

Rédacteur

Nicolas Keshvary

Catégorie d'article

Nom de l'album

Entire State of Tim Montana

Date de sortie

31/07/26

Label (si présent)

Broken Bow Records

Setlist de l'album

  1. Courtroom(feat. Martin Sheen, Charlie Sheen & Robert Patrick)
    02. Beautiful Hate
    03. Break Me Down
    04. Watch Me Drown (feat. First Crazy Dog & WolfBear)
    05. Kinda Like It (feat. Jerry Cantrell)
    06. Long Long Year
    07. Brown Sugar (feat. Billy F Gibbons & Slash)
    08. Vampires
    09. Crown Of Ash (feat. Royale Lynn)
    10. One Black Thumbnail
    11. Roar
    12. Like A Satellite
    13. Off The Ground
    14. Like A Kennedy
    15. When It’s Over
    16. Everything I’m Not

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Ne vous laissez surtout pas tromper par le chapeau, la barbe et le Montana écrit sur l’état civil artistique : Tim MONTANA vient de sortir un vrai gros disque de rock américain !

Entire State of Tim Montana possède du southern dans le sang, du grunge dans les cicatrices et du hard rock dans les amplis. Mais derrière Slash, Gibbons, Cantrell et tout le barnum de guests, ce qu’on retient finalement le plus, c’est Tim Montana lui-même.

Et c’est probablement exactement ce qu’il cherchait depuis le début : un album généreux, parfois excessif, souvent puissant et suffisamment cabossé pour avoir une âme.

Pour les amateurs d’Alice In Chains, Black Stone Cherry, Alter Bridge, ZZ Top, Black Label Society, Rival Sons ou simplement de rock américain qui sent encore la guitare branchée dans un ampli : visite fortement conseillée dans l’Entire State of Tim Montana.

Avec une barbe capable de rendre jaloux Billy Gibbons et un nom qui sent bon les grands espaces américains, on pourrait facilement ranger Tim Montana dans la case country-rock avant même d’avoir appuyé sur « Play ». Erreur. Avec Entire State of Tim Montana, sorti le 31 juillet 2026, il vient surtout rappeler qu’au fond de lui, ça fait longtemps que les amplis ont pris le dessus sur les santiags.

Tim Montana n’arrive pourtant pas de nulle part. Originaire de Butte, dans le Montana, le chanteur-guitariste a longtemps navigué entre country, southern rock et rock musclé. Mais Savage, en 2024, avait déjà sérieusement déplacé le curseur. Deux ans plus tard, pas de doute possible : ce disque est un album de rock. Point.

« I feel like this is the rock record I’ve always wanted to make. » Il présente aussi ce disque comme « the most honest representation of who I am musically », autrement dit la représentation musicale la plus honnête de ce qu’il est réellement. Voilà qui pose le décor.

UN PIED DANS LE MONTANA, L’AUTRE DANS LES ANNÉES 90

Entire State of Tim Montana possède cette grosse production américaine moderne qui pourrait rapidement devenir indigeste si elle n’était pas soutenue par de vrais riffs et, surtout, une sacrée personnalité. Derrière le southern rock demeure une influence beaucoup plus sombre. Montana a grandi avec Guns N’ Roses, ZZ Top, CCR, Nirvana et Alice In Chains. Et ça s’entend. Les guitares sont lourdes, la voix râpeuse à souhait et certains passages sentent franchement le grunge des années 90. Ailleurs, on retrouve la mécanique massive du hard rock américain contemporain, quelque part entre Black Stone Cherry, Shinedown, Alter Bridge et quelques effluves de Black Label Society.

Le titre résume bien l’idée : visiter tous les « états » de Tim Montana le type qui veut envoyer du gros riff, celui qui déconne, celui qui regarde derrière lui et celui qui gratte là où ça fait nettement plus mal. L’expression vient d’ailleurs de son ami Charlie Sheen, qui l’avait utilisée à son sujet avant que Montana ne décide d’en faire le titre de l’album.

DU TRÈS BEAU MONDE DANS LE SALON

Le disque commence par Courtroom, délire introductif réunissant Charlie Sheen, Martin Sheen et Robert Patrick. Pas exactement la distribution habituelle d’un album de rock !

Puis Jerry Cantrell débarque sur Kinda Like It. Quand l’un des architectes du son d’Alice In Chains vient poser sa patte sur l’univers déjà sombre de Montana, les planètes s’alignent plutôt bien.

Et il y a Brown Sugar, avec rien de moins que... Billy F Gibbons et Slash. Le morceau résume une bonne partie de l’ADN du disque : groove bluesy, guitare graisseuse, southern rock et grosse six-cordes hard rock. Montana a même raconté avoir eu les larmes aux yeux en découvrant la partie enregistrée par Slash.

Watch Me Drown accueille First Crazy Dog & WolfBear, tandis que Royale Lynn participe à Crown of Ash.

Au total, seize titres permettent à Montana d’avoir suffisamment d’espace pour montrer autre chose que ses gros bras.

MAIS LE PLUS INTÉRESSANT N’EST PAS FORCÉMENT LE PLUS BRUYANT

Car derrière le casting presque indécent, Entire State of Tim Montana fonctionne surtout lorsqu’il baisse légèrement la garde. Break Me Down, Long Long Year, Watch Me Drown ou le final Everything I’m Notdévoilent quelque chose de beaucoup plus personnel. Montana parle de ses blessures et de ses propres démons avec beaucoup moins de folklore que son apparence pourrait le laisser imaginer. Et cette vulnérabilité donne finalement du relief aux grosses guitares.

Même la reprise improbable de Katy Perry, Roar, possède une raison d’être : Montana l’avait apprise pour sa fille avant de finir par l’enregistrer. Oui, le barbu tatoué capable d’envoyer des riffs avec Slash reprend Katy Perry. Et vous savez quoi ? Pourquoi pas.

C’est précisément ce qui rend le disque sympathique : Tim Montana ne semble plus avoir grand-chose à prouver, ni même envie de demander l’autorisation à qui que ce soit.

-Alex Coesnon-

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