Cactus & Carmine Appice – Temple Of Blues II : All-Stars

Rédacteur

Nicolas Keshvary

Catégorie d'article

Nom de l'album

Temple Of Blues II : All-Stars

Date de sortie

03/04/2926

Label (si présent)

Cleopatra Records

Setlist de l'album

1- Back Door Man

2- 300 Pounds of Joy

3- Moaning at midnight

4- Down at the bottom

5- Token Chokin

6- Bad Stuff

7- Tail Dragger

8- The Red Little Rooster

9- Purple Haze

10- Spoonfull

11- Feels so good

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Le blues avec les amplis dans le rouge. Temple Of Blues II n’est ni un disque de blues pour puristes, ni un album nostalgique destiné à rappeler que « c’était mieux avant ».

C’est un disque de vieux briscards qui jouent encore comme des gamins lorsqu’on leur met une guitare, une basse et des amplis beaucoup trop puissants entre les mains. Et au milieu de cette joyeuse bande, Carmine Appice rappelle tranquillement pourquoi son nom appartient depuis longtemps à l’histoire du rock.

Le blues de Cactus sent le cambouis, transpire le hard-rock, fait trembler les murs et risque sérieusement d’emmerder tes voisins. Et c’est précisément pour ça qu’on l’aime.

À écouter fort. Très fort !!

Il y a ceux qui abordent le blues avec respect, précaution et presque une paire de gants blancs.

Et puis il y a CACTUS.

Avec Temple Of Blues II – All-Stars, sorti en avril 2026, Carmine Appice remet le couvert après un premier Temple Of Blues paru en 2024. Même principe : retourner aux racines blues qui ont toujours alimenté Cactus, mais en les faisant passer dans une machine remplie de gros amplis, de guitares saturées et d’une section rythmique qui n’a absolument aucune intention de jouer doucement.

Au centre de l’affaire, évidemment : Carmine Appice.

[Moment nostalgie : mode ON] Pour ma part j’ai découvert Carmine Appice avec l’album Guitar Zeus sorti en 1995. Alors âgé de 16 ans je découvre cet album dans un encart pub du magazine Hard’N’Heavy, avec tous ces noms de guitaristes que je ne connais pas encore à part Slash et Brian May : Yngwie Malmsteen, Paul Gilbert, Doug Aldrich, Ted Nugent, Neal Schon, Edgar Winter. Je suis alors allé acheter cet album sur un coup de tête mais bien décidé, sans savoir ce que j’allais écouter. Et cet album fut un tournant majeur pour moi, tout d’abord par la claque monumentale que je me suis pris dans la gueule tant par le son, la justesse, la technique et la magie (n’oublions pas qu’on parle de « Dieux » de la guitare ici), que par le nouvel univers musical qui s’ouvrait alors à moi en me permettant de découvrir de nouveaux guitaristes/groupes. [OFF]

Un petit rappel pour ceux qui auraient séché quelques cours d’histoire du rock : Appice est l’un des batteurs qui ont contribué à définir ce qu’allait devenir la batterie hard-rock. Vanilla Fudge, Cactus, Beck Bogert & Appice, Rod Stewart… Son CV traverse plus d’un demi-siècle de rock. Puissance, groove, grosse frappe et jeu spectaculaire : à bientôt 80 ans, le bonhomme pourrait tranquillement lever le pied. Mais manifestement, ça ne l’intéresse pas. Car Temple Of Blues II ne sonne jamais comme une réunion d’anciens combattants venus comparer leurs médailles. Ça cogne, ça groove et ça déborde.

Et autour d’Appice, la liste des copains ressemble à l’affiche d’un festival : Eric Gales, Billy Sheehan, Pat Travers, Ty Tabor, dUg Pinnick, Richard Fortus, Bumblefoot, Steve Morse, Joe Lynn Turner, Derek Sherinian, Tony Franklin, Rudy Sarzo, Alex Skolnick, Dee Snider, Tracii Guns, Ted Nugent, Bob Daisley, Britt Lightning, Tommy Thayer…

Cactus joue le blues comme Cactus a toujours joué le blues : avec les bottes dans la boue et un mur d’amplis derrière. Dès Back Door Man, Eric Gales et Billy Sheehan donnent le ton : guitare mordante, basse énorme et Appice qui pousse tout ce petit monde avec sa frappe toujours aussi reconnaissable.

Le reste navigue joyeusement entre blues électrique, hard-rock et gros boogie seventies. Pat Travers s’intègre naturellement au décor, tandis que Bad Stuff aligne Steve Morse, Joe Lynn Turner, Derek Sherinian et Tony Franklin. À ce niveau-là, ce n’est plus un casting, c’est presque de la provocation.

Et puis il y a The Little Red Rooster. Confier ce vieux standard à Dee Snider, accompagné de Tracii Guns, avait quelque chose de délicieusement improbable.

Même Purple Haze vient faire un détour par le Temple. Pas question de rivaliser avec Hendrix : le morceau est simplement happé par l’univers du projet, épaissi et sali à la sauce Cactus.

C’est finalement là que fonctionne le mieux. Il ne cherche ni à moderniser le blues, ni à le conserver sous verre. Il joue avec. Les puristes trouveront probablement ça trop hard, trop chargé, trop démonstratif ou trop bruyant. Oui. C’est Cactus.

Le groupe faisait déjà partie, au début des années 70, de ceux qui avaient compris que la frontière entre blues et hard-rock pouvait être joyeusement défoncée à coups de riffs. Plus d’un demi-siècle plus tard, Carmine Appice continue exactement dans cet esprit.

Temple Of Blues II ne révolutionnera probablement pas le blues en 2026, et ce n’est clairement pas son ambition. C’est plutôt une grosse célébration électrique de cette musique et de tout ce qu’elle a engendré, portée par une impressionnante bande de musiciens qui semblent surtout prendre un plaisir énorme à jouer ensemble.

Alex Coesnon

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