The Hook + One Eyed Octopus au Nouma 26/09/26

Rédacteur

Thierry Forgiarini

Photographe

Nicolas Keshvary

Catégorie d'article

Date(s)

26 septembre 2026

Lieu

Le NOUMATROUFF 68-Mulhouse

THE HOOK – Un nouveau chapitre s’ouvre au Noumatrouff

Il y a des soirées qui ressemblent à un nouveau départ. Celle proposée ce samedi 26 septembre au Noumatrouff en faisait incontestablement partie.

Deux groupes mulhousiens, deux générations et deux façons d’aborder le rock, mais une même envie d’en découdre :

One Eyed Octopus ouvre les hostilités avant que The Hook ne présente un visage largement renouvelé et, surtout, une formation désormais emmenée au chant par Hugo Clade.

One Eyed Octopus – huit bras et une sacrée énergie

La soirée débute donc avec One Eyed Octopus, autre représentant de la scène mulhousienne. Derrière ce nom à huit tentacules se cachent Franz, Tom, Val et Alex, quatre musiciens réunis autour d’un rock nourri de psychédélisme, de stoner et d’un solide goût pour les sonorités brutes. Leur premier EP, Mushroom Cloud, sorti en juillet 2025, avait déjà permis de découvrir trois titres – You’ll Be Mine, Feeling Of Emptiness et Mushroom Cloud – et un groupe refusant de choisir entre efficacité immédiate et atmosphères plus enfumées.

Sur la scène du Noumatrouff, les Mulhousiens confirment tout le bien que l’on pouvait penser d’eux. One Eyed Octopus ne se contente pas de remplir le rôle parfois ingrat de première partie : il l’occupe pleinement.

Le son est épais, les guitares respirent le rock’n’roll et les influences stoner et psychédéliques modernes apportent juste ce qu’il faut de lourdeur et de relief. Surtout, le quatuor possède déjà une véritable présence scénique.

Pas d’esbroufe inutile : ça joue, ça transpire et ça balance. Une excellente prestation, généreuse et suffisamment solide pour chauffer sérieusement le Noumatrouff avant l’arrivée de la tête d’affiche. Une ouverture parfaitement choisie pour une soirée qui, décidément, sent bon les amplis poussés et le rock sans artifices.

The Hook – même nom, nouvelle histoire

Pour The Hook, l’enjeu est tout autre.

Car derrière le nom familier se cache désormais un nouveau chapitre de l’histoire du groupe mulhousien. Formé en 2013 et revenu sur le devant de la scène en 2024 après une période d’absence, The Hook reposait encore récemment sur le tandem Geoffroy « Joe » Gutzwiller – Hugo Clade, accompagné d’Éric Bosman à la batterie et de Massimo Mascali à la basse.

Mais ce samedi soir, une page est clairement tournée : Joe Gutzwiller, chanteur emblématique et cofondateur du groupe, ne fait plus partie de The Hook. Et plutôt que d’aller chercher très loin son successeur, le groupe a choisi une solution aussi évidente qu’audacieuse : Hugo Clade abandonne son seul statut de guitariste pour assurer désormais également le chant.

Hugo se retrouve donc au centre du jeu, guitare en bandoulière et micro devant lui, tandis qu’un second guitariste, présent en intérim pour cette soirée, vient épaissir les parties à six cordes. Derrière eux, la section rythmique reste solidement tenue par Massimo Mascali à la basse et Éric Bosman à la batterie, deux piliers essentiels pour conserver cette assise rock’n’roll qui a toujours constitué l’une des forces du groupe.

Et dès Feel Alright, une chose saute aux oreilles : The Hook n’a aucune intention de vivre dans son rétroviseur.

 

Du sang neuf dans les veines

La set-list en apporte rapidement la confirmation. Don’t Be So puis Fading Away installent un The Hook qui conserve ses racines profondément ancrées dans le rock des seventies, le blues et le psychédélisme, mais qui semble chercher autre chose qu’une simple reproduction de son passé.

Le changement de voix modifie forcément la physionomie du groupe. Hugo n’essaie intelligemment pas d’imiter Joe. Il impose progressivement sa propre manière de porter les morceaux tout en conservant cette guitare qui reste l’une des signatures de The Hook. Le défi n’est pas mince : chanter tout en gardant l’intensité et la liberté de jeu que réclame ce rock-là oblige à revoir certains équilibres. Mais au fil du concert, la formule prend corps.

Un clin d’œil apparaît ensuite sur la set-list avec ce très explicite Daphnée I Wanna Leave!!!, avant que Sweet Gardenet Texas Ice Tea ne continuent d’explorer cette nouvelle matière.

Et c’est probablement là que cette soirée devient la plus intéressante. Plutôt que de sécuriser le concert en empilant les morceaux familiers, The Hook prend le risque de confronter immédiatement son nouveau visage au public du Noumatrouff.

Une grande partie du set permet ainsi de découvrir des compositions nouvelles ou encore peu entendues en live, comme si le groupe avait décidé de tester directement son prochain chapitre devant son public.

Pas question de jouer la sécurité

Happy poursuit cette marche en avant avant un I Met A Girl qui conserve cette immédiateté rock’n’roll dont The Hook connaît parfaitement les ficelles. Puis arrive You Make Me Feel, avant que le groupe ne replonge plus frontalement dans ses racines avec Blues.

Pas besoin ici d’en faire des tonnes : lorsqu’une formation possède ce genre de culture musicale, quelques mesures suffisent. The Hook a toujours puisé dans cette filiation allant du blues originel au rock britannique des sixties et seventies, avec les Stones, le rock psychédélique et toute cette école où le feeling compte au moins autant que la démonstration technique. C’est précisément cette identité que le groupe avait encore revendiquée lors de son retour.

Never Let Me remet ensuite les guitares au premier plan avant que Nanana ne vienne refermer la soirée avec une simplicité presque désarmante.

Et lorsque les dernières notes disparaissent, le constat est assez clair : The Hook version 2026 est encore en train de se construire, mais il est bel et bien vivant.

Le départ de Joe Gutzwiller représente forcément une rupture importante. Sa voix et sa personnalité ont longtemps été indissociables de l’identité du groupe. Mais cette première soirée avec Hugo Clade au chant et à la guitare montre surtout que The Hook a choisi d’avancer plutôt que de tenter de reproduire ce qui existait auparavant.

Avec Massimo Mascali et Éric Bosman comme solide moteur rythmique, un second guitariste venu renforcer provisoirement l’équipe ce soir-là et une belle quantité de nouvelle matière à défendre, The Hook vient peut-être de remettre les compteurs à zéro.

Une chose, elle, n’a pas changé : cette manière de jouer le rock comme s’il était encore une affaire de sueur, de guitares et d’urgence.

Et après l’excellente mise en bouche offerte par One Eyed Octopus, le Noumatrouff aura surtout assisté à quelque chose de plus intéressant qu’un simple concert : les premiers pas publics d’un nouveau The Hook.

Setlist
running order

Set-list – The Hook

  1. Feel Alright
  2. Don’t Be So
  3. Fading Away
  4. Daphnée I Wanna Leave
  5. Sweet Garden
  6. Texas Ice Tea
  7. Happy
  8. I Met A Girl
  9. You Make Me Feel
  10. Blues
  11. Never Let Me
  12. Na na na
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