SPIRITBOX + JINJER & DYING WISH – Zurich –

Rédacteur

Thierry Forgiarini

Photographe

DR

Catégorie d'article

Date(s)

28 septembre 2026

Lieu

Halle 622 - Zurich

Setlist
running order

SET LIST :

SPIRITBOX : 

• Fata Morgana
• Black Rainbow
• Perfect Soul
• Keep Sweet
• Soft Spine
• Cellar Door
• Jaded
• The Void
• Tsunami Sea Poem
• Tsunami Sea
• Circle With Me
• Holy Roller
• Sew Me Up
• Drum Solo
• Crystal Roses
• Ride the Wave
• Mourning

JINJER :

• Perennial (intro « liannereP »)
• Pit of Consciousness
• Green Serpent
• Call Me a Symbol
• Vortex
• I Speak Astronomy
• Someone’s Daughter
• Judgement (& Punishment)
• Pisces
• Duél

DYING WISH :

• I Don’t Belong Anywhere
• Watch My Promise Die
• A Curse Upon Iron
• Symptoms of Survival
• I Brought You My Soul (Your World Brought Me Despair)
• Cowards Feed, Cowards Bleed
• Lost in the Fall
• I’ll Know You’re Not Around

 

 

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SPIRITBOX à Zurich – Une déferlante sous les lumières

Il y a des affiches dont on pressent dès leur annonce qu’elles ne feront pas dans la demi-mesure. En réunissant Spiritbox, Jinjer et Dying Wish pour une même soirée, la tournée européenne Tsunami Sea avait déjà de sérieux arguments sur le papier. Restait à transformer cette promesse en réalité. À la Halle 622 de Zurich, ce lundi 28 septembre, les trois formations vont largement s’en charger.

Une soirée placée sous le signe du metal moderne, mais également sous celui de trois frontwomen aux personnalités radicalement différentes : Emma Boster, Tatiana Shmayluk et Courtney LaPlante. Trois voix, trois présences scéniques et trois manières d’incarner une musique lourde qui, malgré quelques racines communes, ne raconte jamais exactement la même histoire.

DYING WISH – La première décharge

Pas question pour Dying Wish de se comporter en simple groupe d’ouverture. Les Américains disposent de peu de temps et l’utilisent pour aller directement à l’essentiel.
Autour d’une Emma Boster particulièrement énergique, le groupe balance son hardcore métallique sans véritable temps mort. I Don’t Belong Anywhere et Watch My Promise Die donnent immédiatement le ton : riffs massifs, accélérations brutales et cette alternance entre chant hurlé et passages plus mélodiques qui permet à Dying Wish de ne jamais sombrer dans la monotonie.
Symptoms of Survival, Cowards Feed, Cowards Bleed ou encore I’ll Know You’re Not Around entretiennent la pression et, surtout, permettent à la salle de monter progressivement en température. Emma affiche une présence particulièrement communicative, souriante entre deux déflagrations vocales, alors que ses musiciens construisent autour d’elle un véritable mur sonore.
Court, brutal et efficace. Dying Wish remplit parfaitement sa mission et rappelle au passage qu’une première partie peut être bien davantage qu’une simple salle d’attente avant les deux groupes suivants.

JINJER – La machine de précision ukrainienne

Changement d’ambiance avec Jinjer.
Le groupe ukrainien n’a plus depuis longtemps le statut d’outsider. Et il suffit de quelques instants pour comprendre pourquoi. Dès Perennial, la mécanique se met en marche et l’on retrouve immédiatement cette combinaison qui constitue l’identité du groupe : complexité rythmique, puissance du metal moderne, touches progressives et changements de dynamique parfois vertigineux.
Au milieu de tout cela règne évidemment Tatiana Shmayluk.
On connaît sa capacité à passer d’un chant clair parfaitement maîtrisé à des growls semblant provenir d’une toute autre personne. En live, le contraste demeure toujours aussi saisissant. Mais réduire Jinjer à sa chanteuse serait particulièrement injuste tant la cohésion du groupe impressionne.
Pit of Consciousness enfonce le clou avant que Green Serpent ne rappelle combien le récent répertoire s’intègre naturellement aux morceaux plus anciens. Vortex fait jouer les contrastes tandis que I Speak Astronomy remet en avant cette dimension progressive qui constitue depuis longtemps l’une des grandes forces du groupe.
Le son, ce soir, est remarquable. Puissant sans devenir brouillon, massif sans écraser les détails. Chaque instrument conserve sa place et les variations vocales de Tatiana ressortent avec une clarté impressionnante.
Someone’s Daughter et Judgement (& Punishment) entretiennent une tension permanente avant l’inévitable Pisces. Un titre devenu emblématique et qui résume presque à lui seul cette incroyable dualité vocale.
Enfin, Duél, morceau-titre du dernier album, vient achever une prestation d’une précision redoutable.
Musicalement, difficile de prendre Jinjer en défaut.

 

MAIS …. Quand la lumière finit par cacher le groupe !!!

Il faut néanmoins évoquer un phénomène de plus en plus présent sur certaines tournées et qui, ce soir, atteint avec Jinjer des proportions particulièrement gênantes.
La lumière doit-elle encore éclairer la scène… ou désormais éclairer le public ?
Depuis quelques années, nombre de productions installent derrière les musiciens des batteries toujours plus importantes de projecteurs directement tournés vers les spectateurs. Utilisé ponctuellement, le procédé peut être spectaculaire. Lorsqu’il devient quasi permanent, le résultat est nettement plus discutable.
Et chez Jinjer, on atteint presque la saturation.
Une véritable muraille de spots rouges installée en fond de scène bombarde la salle, régulièrement traversée par de violents flashes stroboscopiques blancs. Durant une très grande partie du concert — facilement 80 % du show — le public se retrouve ainsi directement exposé à ces faisceaux.
Quelques secondes créent un impact visuel saisissant. Plusieurs dizaines de minutes finissent surtout par fatiguer les yeux et, paradoxalement, par empêcher de profiter pleinement de ce qui se déroule sur scène.
À force de vouloir immerger le spectateur dans le dispositif lumineux, certaines scénographies semblent oublier une évidence : un concert est également fait pour regarder les artistes.
Dommage, car cela constitue pratiquement le seul véritable reproche que l’on puisse adresser à une prestation de Jinjer par ailleurs impressionnante.

SPIRITBOX – Le metal devient spectacle

Quelques changements de plateau plus tard, la Halle 622 plonge à nouveau dans l’obscurité.
Mais avec SPIRITBOX, on change encore de dimension.
Ici, la scénographie ne constitue plus simplement l’habillage du concert. Elle fait partie intégrante de celui-ci.
Rideaux, projections, fumées, jeux de silhouettes et changements d’atmosphère construisent un véritable univers autour des musiciens. L’introduction de Fata Morgana donne immédiatement le ton et place Courtney LaPlante au centre d’un tableau presque théâtral.
Puis tout explose.
Black Rainbow prolonge l’entrée en matière avant que Perfect Soul ne mette en évidence l’une des grandes forces de Spiritbox : cette capacité à passer d’une atmosphère presque fragile à une masse sonore écrasante sans que la transition semble artificielle.
Et Courtney est évidemment le point focal.
La Canadienne possède une présence scénique singulière. Pas besoin de courir continuellement d’un bout à l’autre de la scène : attitudes, déplacements, regards, gestuelle et changements vocaux suffisent à occuper l’espace. Son jeu de scène est extrêmement visuel et semble constamment pensé en fonction de la musique et des lumières.
Surtout, la voix suit.
Les passages clairs sont d’une remarquable justesse tandis que les screams surgissent avec une violence presque déconcertante. Et là encore, la qualité sonore de la Halle 622 permet d’en apprécier pleinement les nuances.
Keep Sweet fait monter encore la pression avant que Soft Spine ne fasse parler les cervicales.
Le contraste devient ensuite l’une des armes principales du spectacle. Spiritbox ne cherche jamais à maintenir artificiellement le curseur dans le rouge. Les respirations permettent au contraire aux explosions suivantes de paraître encore plus violentes.
Cellar Door, lorsqu’elle figure au programme, représente parfaitement cette face la plus lourde du groupe, tandis que Jaded et The Void montrent une écriture beaucoup plus atmosphérique et mélodique.
Puis arrive Tsunami Sea.
Le morceau-titre du dernier album prend évidemment une dimension particulière au cœur de cette tournée. Les projections et les jeux de lumière prolongent son atmosphère et donnent par moments l’impression que la scène entière est en mouvement.

Circle-pits et communion zurichoise

Mais un spectacle de Spiritbox ne se regarde pas seulement. Il se vit également dans la fosse. Et le public zurichois l’a parfaitement compris.
Au fil du concert, les premiers mouvements deviennent de véritables circle-pits, la foule tournant et s’ouvrant avant de se refermer au rythme des morceaux. Sur Circle With Me, le phénomène devient presque inévitable tant le morceau semble conçu pour provoquer ce genre de réaction.
Le refrain est repris massivement et la communion entre le groupe et la Halle 622 devient totale.

Puis vient Holy Roller. La délicatesse attendra.
Le titre demeure l’une des armes les plus destructrices de Spiritbox en concert. Courtney passe en mode rouleau compresseur et la fosse répond immédiatement. Ça saute, ça tourne, ça hurle et, malgré l’intensité générale, l’ambiance reste remarquablement positive.
C’est aussi ce qui frappe durant cette soirée : l’adhésion du public ne faiblit pratiquement jamais.
Sew Me Up permet ensuite de jouer une nouvelle fois sur les textures et les atmosphères avant que le concert n’entre progressivement dans sa dernière partie.
Spiritbox s’accorde même quelques respirations instrumentales, permettant notamment à la batterie de prendre momentanément le devant de la scène. Une façon intelligente de casser le rythme linéaire que pourrait facilement provoquer une succession ininterrompue de titres.
Crystal Roses puis Ride the Waveconduisent enfin vers la dernière surprise de cette tournée : Mourning.
Dévoilé quelques jours seulement avant ces dates européennes et joué pour la première fois sur scène au début de la tournée, le morceau possède ici une saveur particulière. Plutôt que de terminer uniquement sur une valeur sûre, Spiritbox choisit donc de regarder vers l’avenir.
Un choix finalement assez représentatif du groupe.

Trois groupes, trois identités

Lorsque les lumières se rallument dans la Halle 622, difficile de réduire cette soirée au seul passage de sa tête d’affiche.
                           Dying Wish aura apporté la rage. Jinjer, la précision. Spiritbox, la dimension spectaculaire.
Et surtout, les trois groupes auront démontré qu’une affiche cohérente n’oblige absolument pas à proposer trois fois le même concert.
Emma Boster attaque frontalement. Tatiana Shmayluk impressionne par sa puissance et sa maîtrise technique. Courtney LaPlante transforme davantage chaque morceau en tableau, jouant avec les silences, les attitudes, les projections et les contrastes.
Spiritbox possède aujourd’hui les moyens de ses ambitions. La production est imposante sans étouffer les musiciens, le son est excellent et la scénographie donne une véritable identité au spectacle. Surtout, le groupe parvient encore à conserver cette sensation de danger et d’intensité indispensable à ce type de musique.
Une nuance toutefois : cette course permanente à la surenchère visuelle qui touche désormais beaucoup de productions metal mérite probablement réflexion. Spiritbox démontre justement ce soir qu’il est possible de construire un spectacle visuellement massif sans nécessairement transformer les spectateurs en cibles pour projecteurs.

Après près de quatre heures de décibels, de screams, de riffs, de circle-pits et de déferlantes lumineuses, Zurich peut reprendre son souffle.
Dying Wish a allumé la mèche, Jinjer a sorti l’artillerie lourde et Spiritbox a provoqué le tsunami.
Mission accomplie.

 

Setlist
running order

SET LIST :

SPIRITBOX : 

• Fata Morgana
• Black Rainbow
• Perfect Soul
• Keep Sweet
• Soft Spine
• Cellar Door
• Jaded
• The Void
• Tsunami Sea Poem
• Tsunami Sea
• Circle With Me
• Holy Roller
• Sew Me Up
• Drum Solo
• Crystal Roses
• Ride the Wave
• Mourning

JINJER :

• Perennial (intro « liannereP »)
• Pit of Consciousness
• Green Serpent
• Call Me a Symbol
• Vortex
• I Speak Astronomy
• Someone’s Daughter
• Judgement (& Punishment)
• Pisces
• Duél

DYING WISH :

• I Don’t Belong Anywhere
• Watch My Promise Die
• A Curse Upon Iron
• Symptoms of Survival
• I Brought You My Soul (Your World Brought Me Despair)
• Cowards Feed, Cowards Bleed
• Lost in the Fall
• I’ll Know You’re Not Around

 

 

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