Seth – Toward The Throne – Kymris

Rédacteur

Thierry Forgiarini

Photographe

DR

Catégorie d'article

Date(s)

25 avril 2026

Lieu

L'Atelier des Môles

Un Triptique sombre – par l’asso Ultim’Atome

KYMRIS — L’ouverture mystique et habitée

Dès les premières notes, KYMRIS installe une atmosphère presque rituelle. Les Bisontins ne viennent pas simplement jouer : ils racontent. Leur death metal mélodique, teinté de folk et de black, agit comme une porte entrouverte sur un folklore régional trop souvent oublié.

Sur scène, les six musiciens incarnent littéralement leurs récits. L’histoire de Colbus, ce vieillard tragiquement égorgé dans la forêt de Chailluz, prend une dimension quasi cinématographique. Les riffs oscillent entre violence et mélancolie, pendant que les touches folk viennent habiller le tout d’une aura mystique. Même frisson du côté de la Sorcière de Florimont : un morceau glaçant, porté par une tension constante.

KYMRIS, c’est plus qu’un set d’ouverture : c’est une immersion. Le public, d’abord attentif, se laisse rapidement happer par cette narration sombre et envoûtante.

 Toward The Throne — L’impact moderne et frontal

Changement d’ambiance avec Toward The Throne, venu d’Alsace, qui tranche net avec la dimension narrative précédente pour livrer un set direct, incisif, presque chirurgical.

Porté par Gauthier “Unna” Ressel (basse/chant), véritable pilier scénique, épaulé par Julien “JU” Boguet derrière les fûts, ainsi que le duo de guitaristes Jérémy “Wynn” Binsinger et Fabrice “Thorn” Zuchowicz, le groupe impose une cohésion redoutable et une présence sans faille.

Le set s’articule autour de titres marquants :

  • The Void et Midnight installent une tension lourde, quasi suffocante
  • Still, Denial et Poisonous jouent sur des contrastes entre puissance brute et passages plus atmosphériques
  • Malice et The Ashes enfoncent le clou avec une agressivité maîtrisée
  • Ready to S. et Caught viennent conclure dans une énergie nerveuse et compacte

En quelques années, Toward The Throne s’est forgé une identité solide dans la scène metal moderne régionale, avec un son massif et une vraie maîtrise des dynamiques.

Là où KIMRYS racontait, Toward The Throne frappe. Et le public suit — headbangs en rafale, fosse qui s’agite, le ton est monté d’un cran.

SETH — La messe noire en tête d’affiche

Puis vient SETH. Et là, on change encore de dimension.

Formé en 1995 à Bordeaux, pilier du black metal français, le groupe a traversé les décennies en sculptant une discographie marquante, depuis Les Blessures De L’Âme jusqu’à ses évolutions plus modernes. Leur parcours, entre changements de line-up, pause prolongée et retour déterminé, forge une aura particulière : celle d’un groupe qui a vécu.

Sur scène, cette expérience se ressent immédiatement. La prestation est précise, sombre, presque cérémonielle. Chaque morceau est exécuté avec une froideur maîtrisée, mais jamais dénuée d’émotion. L’héritage des débuts plane, mais avec une maturité évidente dans l’interprétation.

SETH ne joue pas, SETH impose. Une présence scénique hypnotique, une noirceur élégante, et ce sentiment d’assister à quelque chose de plus grand qu’un simple concert.

Trois groupes, trois approches :

  • KYMRIS : le conte mystique et enraciné
  • Toward The Throne : la claque moderne et efficace
  • SETH : la maîtrise et la noirceur historique

Une montée en puissance parfaitement construite, du conte macabre à la cérémonie black metal. Une soirée comme on les aime à l’Atelier des Môles grâce à l’asso Ultim’Atome et Reusch Oberti à la baguette : immersive, intense… et un peu hantée.

Setlist
running order

  • SETH
  • TOWARD The THRONE
  • KIMRYS
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