En ce vendredi 17 avril, le Noumatrouff, salle emblématique de Mulhouse, affiche complet avec en tête d’affiche le groupe Eihwar.

Elia Keshvary
Photographe
Nicolas Keshvary
Catégorie d'article
Date(s)
17 avril 2026
Lieu
Noumatrouff Mulhouse










En ce vendredi 17 avril, le Noumatrouff, salle emblématique de Mulhouse, affiche complet avec en tête d’affiche le groupe Eihwar.
La soirée débute avec le groupe Mira Ceti. Dès les premières notes, une ambiance singulière s’installe. Il y a quelque chose de profondément apaisant dans leur musique, mais aussi de mystérieux. On a la sensation d’assister à une forme de rituel, comme si chaque morceau était une incantation. La voix de Mira évoque des chants anciens, presque sacrés, et plonge le public dans un état contemplatif. Les regards se figent, les corps ralentissent, et le silence entre les morceaux devient lui aussi un élément du spectacle. Mira Ceti ne cherche pas à impressionner par la puissance, mais par la finesse, et cela fonctionne. Le public est suspendu à chaque vibration, comme en apesanteur.
La soirée continue avec le groupe Eihwar. Le contraste est immédiat. Là où la première partie installait une bulle introspective, la seconde explose littéralement. Les premières percussions résonnent et traversent les corps, et une énergie brute envahit la salle. La transformation est totale : le public, jusqu’ici calme et presque méditatif, se réveille d’un coup. Les têtes bougent, les mains se lèvent, les cris fusent.
Eihwar impose une présence scénique puissante. Chaque geste est habité, chaque regard semble chercher une connexion directe avec le public. Il y a une intensité palpable, une communion qui se crée dès les premières minutes. Le public répond présent, sans retenue. Tout le monde, y compris le groupe, rentre dans une sorte de transe collective.
Le public en redemande, encore et encore. Les applaudissements deviennent plus forts, les cris plus nombreux, et chaque fin de morceau semble être une invitation à aller encore plus loin.
Puis, un moment de calme se présente avec l’interprétation de Ljósgarðr, qui signifie « jardin de lumière ». Avant le début de la chanson, la chanteuse, Asrunn, prend la parole et invite le public à se connecter à lui-même. Elle décrit la chanson comme une passerelle, un lien entre nous et nos êtres de lumière. C’est lorsque cette passerelle s’ouvre que l’on peut recevoir un message, un conseil de nos guides. La salle, d’ordinaire agitée, se calme instantanément. Chacun se concentre sur lui-même, dans un silence presque sacré. On perçoit une introspection partagée.
Ce moment d’intimité contraste fortement avec le reste du concert, mais il en devient d’autant plus marquant. Il crée une parenthèse, un espace hors du temps, où l’on oublie la foule pour ne plus être qu’avec soi-même.
Puis, sans prévenir, le rythme repart. Les percussions reviennent, puissantes, entraînantes. La transe reprend ses droits. Le public se remet à danser et à chanter. L’énergie est à son comble.
Le concert se termine dans une explosion d’enthousiasme. Les visages sont marqués par l’intensité de ce qu’ils viennent de vivre. Entre douceur mystique et déferlante d’énergie, la soirée aura proposé un véritable voyage sensoriel. Au Noumatrouff, ce soir, la musique n’était pas seulement à écouter : elle était à ressentir, à vivre pleinement.
Et vous, avez-vous reçu un signe de votre guide ?