Entre HERITAGE & MUTATION…
Entre l’Entrée – Black Spikes – et le Dessert – Infected Rain – il y a le plat de Résistance
Il y a des concerts qui confirment une trajectoire. Celui-ci en fait partie.
Butcher Babies, version 2026, n’est plus tout à fait le monstre bicéphale que l’on a connu. Et sur la scène du Dynamo de Zurich, aux côtés d’Infected Rain, la mutation saute aux yeux — et aux oreilles.
– Fin d’une époque, nouveau centre de gravité
Le départ de Carla Harvey a rebattu les cartes. Exit la dualité vocale qui faisait la signature du groupe, ce ping-pong agressif entre deux personnalités en constante collision.
Désormais, tout converge vers Heidi Shepherd.
Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle impose sa loi. Plus frontale, plus autoritaire, elle ne partage plus la scène — elle la domine. Le chaos laisse place à une forme de contrôle. Moins imprévisible, mais plus lisible. Et, quelque part, plus redoutable.
– Henry Flury, architecte du mur du son
Dans cette nouvelle configuration, un homme tire clairement son épingle du jeu : Henry Flury.
Sa guitare est partout. Tranchante sur “Red Thunder”, écrasante sur “Spittin’ Teeth”, structurante sur “B-Street O’ Tennessee”. Il ne se contente plus d’accompagner : il façonne le son du groupe.
Résultat : Butcher Babies n’a jamais été aussi compact.
Derrière, la machine rythmique fait le reste. Devin Nickles cogne avec précision depuis maintenant deux ans, pendant que Sean Violet verrouille le bas du spectre. Pas de fioritures. Pas de respiration inutile. Juste de l’impact pur.
Chaque morceau tombe comme un bloc de béton.
– Entre classiques et laboratoire sonore
La setlist joue intelligemment sur deux tableaux.
D’un côté, les valeurs sûres : “Monsters Ball”, “Magnolia Blvd”. Des titres toujours fédérateurs, qui rappellent d’où vient le groupe et qui fonctionnent encore parfaitement en live.
De l’autre, une volonté claire d’aller de l’avant.
Les morceaux récents — “It’s Killin’ Time, Baby” (Eye for an Eye), “Beaver Cage”, “Red Thunder”, “Last December” (’Til the World’s Blind) — affichent une lourdeur assumée, un virage plus moderne, presque plus industriel par moments. Des titres taillés pour la scène, sans concession.
Mais le plus intéressant se cache ailleurs.
“Butcher Babies” teste. Avec “Sincerity”, également “Lost In Your Touch” — morceau plus personnel, ancré dans l’histoire intime de Heidi Shepherd — et enfin “Black Dove” fraîchement lâché en mars 2026, les BB ouvrent une autre porte.
Plus sombre. Plus directe. Parfois plus vulnérable. Et surtout, encore en construction.
– Un groupe en pleine redéfinition
Ce Butcher Babies-là n’essaie pas de recréer le passé. Il le digère.
Moins chaotique, plus structuré, parfois plus froid aussi — mais toujours animé par cette envie d’aller de l’avant, quitte à déstabiliser.
Le groupe avance, teste, ajuste. Et refuse, clairement, de tourner en rond.









