Greenfield Festival – Interlaken – du 11 au 13 juin 2026

Rédacteur

Elia Keshvary

Photographe

Nicolas Keshvary

Catégorie d'article

Date(s)

11 au 13 juin 2026

Lieu

Greenfield Festival Interlaken Suisse

Entre les sommets qui encerclent Interlaken et les décibels qui résonnent à travers la vallée, le GREENFIELD FESTIVAL a une nouvelle fois transformé la petite ville suisse en capitale des musiques extrêmes. Pendant trois jours, les festivaliers ont navigué entre chaleur accablante, déferlantes de riffs et moments de retrouvailles, dans une édition marquée autant par l’intensité des concerts que par la diversité des propositions artistiques.

La première journée a immédiatement donné le ton. Parmi les prestations les plus marquantes, Thrown s’est imposé comme une véritable claque. Porté par une énergie brute et une violence parfaitement maîtrisée, le groupe suédois a transformé la fosse en champ de bataille dès les premières minutes. Chaque breakdown semblait déclencher une nouvelle vague de pogos, tandis que la puissance dégagée par les musiciens ne laissait aucun temps mort.

Plus tard dans la soirée, A Day To Remember proposait une expérience bien différente mais tout aussi marquante. Les Américains ont puisé dans un répertoire devenu culte pour toute une génération de fans. Très vite, les refrains sont repris par des milliers de voix et le festival prend des allures de machine à remonter le temps. Entre émotion et énergie, le groupe réussit à replonger une partie du public dans ses années d’adolescence, rappelant l’impact qu’il continue d’exercer sur la scène alternative.

The Offspring a lui aussi largement contribué à l’atmosphère nostalgique de cette première journée. Porté par une setlist remplie de classiques, le groupe a replongé le public dans ses souvenirs, avec des refrains repris à tue-tête sur une grande partie du concert. Dans une ambiance particulièrement chaleureuse, les Californiens ont également glissé un clin d’œil à Ozzy Osbourne en interprétant « Crazy Train » et « Paranoid ».

Vendredi, l’atmosphère paraît plus calme. Le public semble prendre son temps avant de véritablement se laisser emporter, mais certains groupes vont rapidement réveiller le site.

À commencer par le passage de The Butcher Sisters. Fidèle à sa réputation, le groupe livre une prestation totalement imprévisible. Les chanteurs courent dans tous les sens, multiplient les provocations et n’hésitent pas à s’exploser des canettes sur la tête dans un esprit qui rappelle les grands moments de folie d’Airbourne. Les premiers rangs essuient régulièrement des projections de bière tandis que le reste du public assiste, hilare, à ce chaos parfaitement orchestré. Le concert atteint un nouveau niveau d’absurdité lorsqu’un des membres grimpe sur une structure gonflable avant de se lancer dans un slam accompagné de plusieurs festivaliers. En cassant les codes habituels du metal et en privilégiant l’autodérision à l’agressivité, The Butcher Sisters parviennent à instaurer une ambiance aussi décomplexée que festive.

Autre moment fort de la journée, la prestation de Hyro The Hero. À son arrivée sur scène, avec ses chaussettes apparentes et son bandana rose vif, le chanteur intrigue autant qu’il surprend. Quelques secondes plus tard, toutes les interrogations disparaissent. Véritable pile électrique, il bondit dans tous les sens, hurle sans relâche et semble incapable de rester immobile. Son besoin de proximité avec le public atteint son apogée lorsqu’il descend lui-même dans la fosse pour ouvrir un wall of death. Plus impressionnant encore, il rejoint directement la mêlée lorsque le breakdown retentit. Une scène rare qui résume parfaitement l’état d’esprit du concert : intense, spontané et sincèrement tourné vers le public.

La soirée se poursuit avec Sepultura, engagé dans sa tournée d’adieu. Malgré les années, le groupe n’a rien perdu de sa puissance sonore. Les riffs demeurent redoutables et l’intensité musicale reste intacte. Visuellement, en revanche, le contraste avec les groupes plus récents est frappant. Là où les nouvelles générations multiplient les déplacements et les interactions avec le public, les membres de Sepultura restent majoritairement regroupés au centre de la scène. Une approche plus classique qui limite parfois l’impact visuel du spectacle sans pour autant entamer la force de leur héritage.

Vendredi s’est conclu avec le très attendu passage de Bad Omens. Si le groupe a bien figuré parmi les temps forts de la journée pour de nombreux festivaliers, nous avons choisi de ne pas développer davantage sa prestation dans ce compte-rendu, faute de contenu photographique permettant de l’illustrer.

Samedi, le festival doit composer avec un soleil écrasant. Dès le début de l’après-midi, la chaleur ralentit les festivaliers et il faut du temps avant que l’ambiance ne décolle réellement.

Très attendu, Breaking Benjamin rassemble pourtant une foule conséquente devant la scène principale. Malgré cette attente, le public peine à véritablement entrer dans le concert. Les réactions restent timides et l’énergie semble bridée. Le véritable déclic intervient lorsque le chanteur de Three Days Grace rejoint le groupe sur scène pour partager un morceau. L’instant est fort et réveille enfin les spectateurs, mais cette montée en puissance intervient malheureusement trop tard dans la setlist.

Une heure plus tard, les Français de Rise Of The Northstar prennent le relais et changent complètement la dynamique de la journée. Fidèle à sa réputation, le groupe ne laisse aucun temps d’adaptation au public. À peine le premier morceau lancé que les premiers pogos éclatent déjà au cœur de la foule. Sauvage, brutal et incroyablement énergique, le quintette impose son rythme sans concession. Le concert prend encore une autre dimension lorsque Hyro The Hero rejoint le groupe sur scène. La rencontre entre les deux chanteurs produit un moment particulièrement intense. Leur énergie combinée semble décupler celle du public, qui oublie instantanément la chaleur pour se lancer dans une succession de pogos.

Three Days Grace confirme tout le bien que l’on pouvait attendre de son passage. Déjà aperçu une semaine auparavant au Heavy Week-End, le groupe livre une prestation tout aussi convaincante. Les classiques sont repris à l’unisson par un public suisse particulièrement réceptif, tandis que les vagues de slams se succèdent au-dessus de la fosse. À mesure que la fin du concert approche, une émotion palpable s’installe. Une manière idéale de conclure trois jours riches en contrastes, entre nostalgie, découverte, brutalité et moments de partage.

La journée a continué avec le passage de Papa Roach, dont nous ne proposons malheureusement pas de couverture photo dans ce live report.

Au-delà des performances marquantes de cette édition, le Greenfield continue surtout de séduire par son identité unique. Peu de festivals peuvent se vanter d’offrir un tel panorama et une infrastructure aussi bien rodée.

Entre une organisation sans accroc, une programmation capable de réunir aussi bien les légendes du metal que les nouveaux visages de la scène moderne, et une atmosphère particulièrement conviviale, le rendez-vous d’Interlaken est à ne pas manquer.

Trois jours plus tard, une certitude demeure : difficile de ne pas considérer le Greenfield comme l’un des plus beaux festivals d’Europe, tant pour son cadre exceptionnel que pour l’expérience qu’il propose à ses festivaliers.

Setlist
running order

 

Running Order :

Rise the Northstar
Three Days Grace
Bad Omens
Sepulture
Hyro the HerNotre
The Butcher Sisters
The Offspring
A Day to Rememeber
Thrown

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