BEYONCE – B’DAY Anniversary * Edition deluxe

Rédacteur

Thierry Forgiarini

Catégorie d'article

Nom de l'album

B'DAY (20TH ANNIVERSARY EDITION) 2026

Date de sortie

04 SEPTEMBRE 2026

Label (si présent)

Colombia Rocords

Setlist de l'album

Setist B/DAY 20th ANNIVERSARY EDITION -DIGITAL DELUXE (31 TRACKS)

1. DÉJÀ VU (FEAT. JAŸ-Z)
2. GET ME BODIED
3. SUGA MAMA
4. UPGRADE U (FEAT. JAŸ-Z)
5. RING THE ALARM
6. KITTY KAT
7. FREAKUM DRESS
8. GREEN LIGHT
9. IRREPLACEABLE
10. CHECK ON IT (FEAT. SLIM THUG)
11. BEAUTIFUL LIAR (BEYONCÉ & SHAKIRA)
12. FLAWS AND ALL
13. RESENTMENT
14. LISTEN
15. MORNING DEW (DONK)
16. MY FIRST TIME
17. CAN I WATCH YOU (FEAT. PHARRELL)
18. WELCOME TO HOLLYWOOD (FEAT. JAŸ-Z)
19. LOST YO MIND
20. CREOLE
21. BACK UP
22. GET ME BODIED (EXTENDED MIX)
23. CUERPO (TUMBAO) FEAT. MALUMA
24. IRREEMPLAZABLE (COMO LA FLOR) FEAT. SELENA
25. AMOR GITANO (BEYONCÉ & ALEJANDRO FERNÁNDEZ)
26. LISTEN (OYE)
27. BEAUTIFUL LIAR (BELLO EMBUSTERO)
28. IRREPLACEABLE (IRREEMPLAZABLE)
29. GET ME BODIED (TIMBALAND REMIX) [FEAT. VOLTIO]
30. IRREPLACEABLE (IMPLAZABLE) [NORTEÑA REMIX]
31. GET ME BODIED (MUEVE EL CUERPO)

Suivez-nous

Dernières chroniques

Beyoncé – B’Day : vingt ans, quelques rides et toujours autant de caractère…

Vingt ans après sa sortie, B’Day revient dans une édition anniversaire XXL de 31 titres. Entièrement remasterisé et enrichi de faces B, d’inédits, de remixes, de versions espagnoles et de collaborations avec Pharrell, Maluma ou encore la regrettée Selena, le deuxième album de Beyoncé s’offre bien davantage qu’un simple dépoussiérage. Reste une question : derrière l’impressionnant emballage anniversaire, B’Day tient-il toujours la route ?

Petite précision avant d’aller plus loin : si Beyoncé se retrouve aujourd’hui dans les colonnes de Glob’All Musics (après le Live Report du   »Cowboy Carter Tour » de juin 2025′) , il y a une responsable toute désignée. Ma fille, fan absolue de Queen B et membre convaincue de la BeyHive, a fini par me convaincre de me pencher sérieusement sur cette réédition. Comme quoi, même après des années de rock et de metal, il faut parfois savoir écouter sa progéniture… et reconnaître qu’elle peut avoir de bons arguments !


 

Le 4 septembre 2006, jour de ses 25 ans, Beyoncé publiait B’Day. Vingt ans plus tard, la chanteuse profite donc de ses 45 printemps pour revenir sur ce deuxième album solo, celui qui succédait au carton de Dangerously in Love et commençait surtout à dessiner les contours de l’artiste qu’elle allait devenir.

À l’époque, le disque est enregistré dans l’urgence, en quelques semaines à peine. Et cette précipitation constitue paradoxalement aujourd’hui encore l’une de ses principales qualités.

B’Day bouge. Beaucoup. Il transpire même parfois.

  • Quand Beyoncé avait le rythme dans la peau

Dès Déjà Vu, avec JAY-Z, les intentions sont claires : basse énorme, cuivres, percussions et chant qui semble constamment vouloir dépasser la musique. Le titre conserve vingt ans plus tard une énergie assez phénoménale.

Même constat avec Get Me Bodied, Suga Mama, Upgrade U ou surtout Ring the Alarm. Beyoncé chante alors comme si chaque morceau devait être le dernier de la session. Cela donne parfois une impression presque excessive, mais cette agressivité vocale constitue justement une grande partie du charme du disque. Et puis il y a les tubes.

Irreplaceable demeure évidemment indéboulonnable. Plus simple, moins démonstratif, porté par sa guitare acoustique et une mélodie imparable, le morceau n’a finalement pas pris beaucoup de rides.

Beautiful Liar, enregistré avec Shakira, reste également un formidable produit pop/R&B de son époque. On pourra trouver sa production très marquée « années 2000 », mais l’alchimie entre les deux chanteuses fonctionne toujours.

Quant à Listen, impossible de nier la performance vocale, même si son lyrisme très appuyé tranche aujourd’hui davantage avec la nervosité du reste de l’album.

Tout n’a pourtant pas traversé les deux décennies avec la même facilité.

Certains arrangements et quelques sonorités électroniques trahissent franchement leur époque. Et sur une écoute intégrale, l’accumulation peut devenir fatigante : B’Day ne connaît pas vraiment le concept de modération.

Mais c’est aussi ce qui fait son identité.

  • Le remaster : pas une révolution, mais un vrai coup de propre

Cette édition anniversaire bénéficie d’une nouvelle remasterisation supervisée par Beyoncé.

N’espérez évidemment pas découvrir un autre album. L’intérêt réside davantage dans la définition générale : les basses frappent fort, les percussions ressortent avec davantage de présence et les voix bénéficient d’un espace appréciable.

Sur un disque aussi rythmique que B’Day, ce nettoyage fait du bien.

La restauration ne s’arrête d’ailleurs pas au son puisque plusieurs clips tournés à l’origine en 35 mm ont également été restaurés, réétalonnés et finalisés en 4K.

Mais le véritable intérêt de cette édition se trouve ailleurs : dans les tiroirs.

  • Les bonus : du remplissage ? Pas seulement

Avec 31 morceaux dans sa version Digital Deluxe, cette nouvelle édition aurait facilement pu tomber dans le piège du remplissage. Et, soyons clairs, tout n’est pas indispensable. Mais quelques morceaux méritent franchement le détour.

Morning Dew (DONK) possède cette énergie immédiatement accrocheuse qui lui permet de s’intégrer naturellement à l’univers de B’Day. On comprend presque pourquoi certains fans connaissaient déjà l’existence de ce morceau, longtemps resté dans les archives avant de refaire surface. Sa version remixée avec JAY-Z renforce encore le lien avec cette période où les collaborations entre les deux artistes devenaient récurrentes.

Plus intéressant encore : Can I Watch You, produit par Beyoncé et Pharrell Williams. Voilà typiquement le genre de morceau qui justifie une réédition anniversaire. Non pas parce qu’il bouleverse la discographie de Beyoncé, mais parce qu’il permet d’entendre une autre direction possible prise pendant ces sessions. La patte de Pharrell apporte une souplesse et un groove qui contrastent agréablement avec le caractère parfois frontal du disque original.

My First Time constitue une autre curiosité. Le titre avait initialement été enregistré pour Dangerously in Love avant d’être écarté de l’album. Sa présence ici relève donc davantage de l’archive que du véritable inédit B’Day, mais complète intelligemment la photographie de cette période.

Les faces B Lost Yo Mind, Creole et Back Up sont également exhumées. Toutes ne deviendront pas subitement des classiques oubliés, mais leur présence est pertinente : plutôt que quelques remixes artificiellement ajoutés pour gonfler le contenu, cette édition ouvre réellement les archives.

  • Quand Beyoncé regarde vers l’Amérique latine

La partie la plus inattendue arrive cependant avec les morceaux en espagnol. Certaines versions sont déjà connues des fans : Listen devient Oye, Beautiful Liar se transforme en Bello Embustero, tandis qu’Irreplaceable se décline en Irreemplazable.

Ajoutons Amor Gitano, avec Alejandro Fernández, et cette seconde moitié du disque prend soudain une forte coloration latine.

  • Mais deux nouveautés sortent clairement du lot. Maluma fait bouger Get Me Bodied

Sur Cuerpo (Tumbao), Beyoncé revisite Get Me Bodied en compagnie de Maluma. Et ça fonctionne. Pas simplement parce qu’on a ajouté quelques paroles espagnoles sur une vieille bande. La production est repensée autour de cette rencontre entre R&B, pop latino et rythmes afro-caribéens.

Surtout, le morceau incorpore un sample de La Negra Tiene Tumbao, classique de Celia Cruz. Le clin d’œil n’est pas anodin. La légende afro-cubaine représentait cette même idée de puissance, de fierté et d’affirmation que Beyoncé associe depuis longtemps à sa propre musique.

Le résultat est probablement l’une des vraies réussites de cette réédition : un morceau suffisamment respectueux de l’original pour rester identifiable, mais assez transformé pour justifier son existence.

  • Selena et Beyoncé : la rencontre impossible

L’autre grande curiosité s’appelle Irreemplazable (Como La Flor). Beyoncé y chante avec Selena Quintanilla, disparue en 1995. Il s’agit évidemment d’une collaboration posthume, réalisée avec l’accord de la succession de Selena, généralement très restrictive concernant l’utilisation de son œuvre.

Sur le papier, l’exercice pouvait facilement tourner au gadget. Il prend pourtant ici une autre dimension.

Beyoncé a grandi à Houston en écoutant Selena et a déjà expliqué l’influence de la chanteuse texane sur son intérêt pour la musique en espagnol. Faire se rencontrer Irreemplazable et Como La Flor revient donc à réunir symboliquement deux artistes texanes issues de cultures différentes, mais ayant chacune contribué à faire tomber quelques barrières.

Musicalement, on pourra toujours discuter du principe même de fabriquer un duo avec une artiste disparue. Émotionnellement et culturellement, en revanche, la rencontre possède une vraie cohérence.

  • 31 titres : beaucoup trop… mais c’est assumé

Soyons néanmoins raisonnables : écouter les 31 morceaux d’une traite n’est probablement pas la meilleure manière de redécouvrir B’Day. Les différentes versions de Get Me Bodied et Irreplaceable, les remixes et les déclinaisons linguistiques finissent nécessairement par créer quelques longueurs.

L’album original était justement remarquable par son urgence et sa relative concision. Cette édition anniversaire fait exactement l’inverse : elle ouvre toutes les portes, vide les tiroirs et pose pratiquement tout sur la table. Mais contrairement à beaucoup de rééditions gonflées artificiellement, il y a ici suffisamment de matière intéressante pour justifier l’exercice.

Morning Dew (DONK), Can I Watch You, Cuerpo (Tumbao) et Irreemplazable (Como La Flor) constituent les principales raisons de revenir à cette version 2026.

Le reste permettra surtout aux fans de compléter le puzzle.

  • Un album charnière

Avec vingt ans de recul, B’Day apparaît surtout comme un disque de transition particulièrement intéressant. Beyoncé y est déjà une immense star, mais pas encore cette artiste capable de transformer chaque sortie d’album en événement culturel mondial.

On entend pourtant les prémices de ce qui suivra. La volonté de contrôler la production. L’importance accordée à l’image. Le goût pour les mélanges musicaux. La recherche de racines culturelles différentes. Et surtout cette idée, devenue centrale dans Lemonade, Renaissance ou Cowboy Carter, qu’une artiste pop n’a aucune raison de rester enfermée dans une seule case.

Tout était loin d’être parfait. Tout ne l’est d’ailleurs toujours pas. Mais vingt ans plus tard, Déjà Vu, Get Me Bodied, Ring the Alarm, Irreplaceable, Beautiful Liar ou Listen possèdent encore suffisamment de caractère pour rappeler pourquoi B’Day compte dans sa discographie.

Et les meilleurs bonus de cette édition permettent d’aller un peu plus loin qu’une simple célébration nostalgique.

À 25 ans, Beyoncé cherchait encore jusqu’où elle pouvait aller. À 45 ans, elle revient sur ce disque avec la carrière que l’on connaît désormais derrière elle. Entre les deux, B’Day n’a peut-être pas gagné sur tous les tableaux, mais il a conservé l’essentiel : son énergie, son culot et une sacrée envie de faire bouger les murs.

-Avec la contribution de Marine « Mama Queeen B » FORGIARINI –

Défilement vers le haut