À Genève, le blues a trouvé son point d’ancrage
À Genève, le blues ne se contente pas de survivre dans les disques, les festivals ou les souvenirs de quelques grandes légendes. Il continue de se jouer, de se partager et surtout de vivre grâce à des passionnés qui entretiennent cette culture avec une énergie remarquable. Parmi eux, le BAG – Blues Association Genève – occupe aujourd’hui une place à part.
Né en avril 2008 sous l’impulsion du guitariste Jean-François Mathieu, premier président de l’association, le BAG s’est construit dès ses débuts autour d’une poignée de passionnés bien décidés à offrir au blues une véritable place dans la vie musicale genevoise. Parmi les figures de cette première aventure, Christophe Losberger [mon comparse photographe au festival Festiverbant et, pendant un temps, à Guitare en Scène], vice-président puis président de l’association, a lui aussi participé activement au développement et au rayonnement du BAG, dont il officie aujourd’hui comme photographe officiel.
Près de vingt ans plus tard, la relève est largement assurée. L’association est aujourd’hui présidée par Eric Grivel, également en charge de la programmation, accompagné de Mathias Hug, vice-président et responsable de la promotion, Maryline Graemiger, trésorière et responsable des membres, Dominique Oliva, secrétaire et responsable notamment des jam-sessions et des School Nights, ainsi que Bernard Gay, chargé des relations presse et de la rédaction.
Installée depuis de nombreuses années au Brasseur des Grottes, l’association a construit patiemment un véritable rendez-vous pour les amateurs du genre. Concerts, jam-sessions, découvertes et musiciens confirmés s’y croisent dans une ambiance qui rappelle ce que le blues a toujours été : une musique profondément humaine, directe et généreuse.
C’est tout l’esprit du BAG : rapprocher les musiciens et ceux qui viennent les écouter.
Au fil des saisons, le BAG est également devenu une véritable plateforme pour les artistes de la région. Des musiciens locaux peuvent y partager la scène avec des invités venus de Suisse ou de l’étranger, dans un environnement où la proximité avec le public reste essentielle.
Mais ces dernières années, l’association a clairement franchi une nouvelle étape.
Du club à l’Alhambra
Avec le Geneva Blues Festival, organisé à l’Alhambra, le BAG s’est offert une vitrine à la hauteur de ses ambitions.
Sans renier l’esprit des petites scènes qui font son identité, l’association est désormais capable de proposer des rendez-vous plus importants et d’attirer à Genève des musiciens de renommée internationale.
L’édition 2026 l’a encore démontré avec une programmation mêlant plusieurs générations et plusieurs visions du blues. Une manière de rappeler que cette musique ne se limite pas à une seule époque ni à une seule manière de jouer.
Et c’est probablement là que le BAG trouve aujourd’hui sa véritable force : conserver l’intimité et la passion d’un club de blues tout en ouvrant progressivement les portes à des événements d’une autre dimension.
Une évolution naturelle pour une association qui n’a jamais cessé de faire grandir sa communauté.
Et la prochaine date devrait encore renforcer cette dynamique.
Josh Smith arrive à Genève
Le vendredi 11 septembre 2026, le BAG retrouvera l’Alhambra pour accueillir l’un des guitaristes les plus respectés de la scène blues actuelle : Josh Smith.
Son nom ne parle peut-être pas immédiatement au grand public, mais dans le monde des guitaristes, la réputation du musicien américain est solidement installée.
Josh Smith fait partie de ces instrumentistes capables de mélanger les styles avec une facilité déconcertante. Blues bien sûr, mais également jazz, soul, funk et rock viennent nourrir un jeu aussi précis que profondément musical.
La technique est impressionnante, mais elle n’est jamais utilisée comme une finalité.
Chez Josh Smith, tout passe par le groove, le son et surtout cette capacité à construire un solo comme une véritable conversation. Il peut laisser respirer une phrase pendant plusieurs mesures avant de soudain accélérer et envoyer quelques lignes capables de rappeler immédiatement pourquoi tant de musiciens le considèrent comme l’un des guitaristes les plus complets de sa génération.
Son parcours parle également pour lui. Au fil des années, il a partagé la scène ou collaboré avec quelques-uns des plus grands noms du blues, du rock et de la soul, notamment Joe Bonamassa, Eric Johnson, Andy Timmons ou encore Mick Jagger, tout en construisant parallèlement une carrière personnelle particulièrement respectée.
Mais c’est probablement sur scène que Josh Smith prend toute sa dimension.
Avec lui, pas de démonstration gratuite ni de concours de vitesse. Chaque note semble avoir une raison d’être, et l’improvisation reste toujours au service du morceau et du groupe.
Avant son passage, le public pourra découvrir Amaury Faivre et son One Man Blues Show. Guitare, voix, harmonica, loops et stompbox viendront installer l’ambiance avant l’arrivée du guitariste américain.
Une soirée qui devrait donc parfaitement résumer ce que le BAG défend depuis maintenant près de vingt ans : un blues vivant, curieux, ouvert et toujours capable de se réinventer.
Le 11 septembre prochain, Josh Smith viendra rappeler sur la scène de l’Alhambra de Genève une évidence que certains oublient parfois : le blues possède une longue histoire, mais il est loin d’avoir dit son dernier mot !
-Alex Coesnon-



