Avec we are unpeople, le quatuor britannique passe à l’étape du premier album après s’être rapidement fait remarquer sur scène. Formé autour de Jake Crawford et Luke Caley, anciens de Press To MECO, accompagnés d’Em Lodge et Richard Rayner, unpeople possède déjà une identité étonnamment affirmée pour un groupe aussi jeune.
Difficile pourtant de lui coller une seule étiquette. Alternative rock, post-hardcore, metal, pop-punk et quelques détours progressifs se mélangent dans un joyeux bordel parfaitement assumé. Les riffs peuvent être énormes, les rythmiques brutales et les vocaux agressifs, mais unpeople possède surtout un vrai talent pour les mélodies et les refrains qui restent immédiatement en tête.
« clouds » ouvre parfaitement les hostilités : quelques secondes suffisent pour passer d’une fausse douceur à une déferlante de guitares, de changements de rythme et d’harmonies vocales. « friends » conserve cette efficacité immédiate tout en dévoilant une facette plus sombre et personnelle.
Le groupe sait aussi lever le pied. « blueprints« , plus ample et émotionnel, apporte une respiration bienvenue et prouve qu’unpeople n’a pas besoin de constamment en faire des tonnes pour être convaincant. À l’inverse, « kangareuben » laisse totalement parler le côté barré du quatuor : riffs improbables, énergie incontrôlée et cette impression réjouissante que personne n’a vraiment pensé à appuyer sur le frein.
C’est d’ailleurs toute la force de l’album : unpeople semble incapable de rester tranquillement dans une case.
Derrière cette énergie presque euphorique se cache pourtant un disque beaucoup plus humain qu’il n’y paraît. Les textes parlent de doute, de relations, d’anxiété, de sentiment d’exclusion et surtout de cette envie de recréer du lien dans une époque qui préfère souvent dresser des murs.
Mais à force d’empiler riffs, harmonies, ruptures et refrains énormes, certains morceaux donnent parfois l’impression que le groupe veut placer toutes ses idées en même temps. Mais pour un premier album, on préférera largement un groupe qui en fait parfois trop à un groupe qui n’a déjà plus rien à dire.
we are unpeople est un premier album généreux, massif et joyeusement imprévisible. On y retrouve forcément quelques réminiscences du rock alternatif britannique des années 2000, mais sans jamais avoir l’impression d’écouter une simple copie.
Surtout, unpeople possède déjà quelque chose de précieux : une personnalité suffisamment forte pour devenir identifiable en quelques morceaux.
Lourd sans tomber dans la brutalité gratuite, mélodique sans devenir trop lisse et technique sans démonstration inutile, we are unpeople laisse surtout l’impression d’un groupe qui prend un plaisir énorme à jouer ensemble. Et ça s’entend.


