Le Greenfield n’est pas un festival comme les autres. Ici, chaque concert se déroule avec une vue panoramique sur les montagnes, donnant une dimension presque irréelle à l’expérience.
Considéré comme le plus grand festival rock de Suisse, il a rassemblé en 2025 environ 30 000 festivaliers venus de toute l’Europe. Une affluence dense mais fluide, qui permet de conserver une atmosphère conviviale malgré l’ampleur de l’événement.
Entre les scènes, le public navigue entre stands, food trucks et espaces de repos, toujours accompagné par ce décor grandiose qui rappelle en permanence l’exception du lie
Avec plus de 40 groupes à l’affiche, l’édition 2025 a frappé fort en réunissant têtes d’affiche incontournables et figures montantes.
Le festival prend une toute autre dimension lorsque les têtes d’affiche entrent en jeu.
Slipknot livre une prestation écrasante. Dès les premières secondes, le groupe impose son rituel : percussions martelées, guitares abrasives, et une présence scénique quasi tribale. Les titres comme “Duality” ou “Psychosocial” déclenchent instantanément des vagues de pogos. Le public, compact, répond à chaque injonction de Corey Taylor, transformant le site en véritable chaos organisé. La scénographie, entre flammes et jeux de lumière agressifs, renforce cette sensation d’être plongé dans une machine incontrôlable.
Avenged Sevenfold, de son côté, joue sur un registre différent mais tout aussi efficace. Plus mélodique, plus progressif, le groupe construit son set comme une montée en puissance. “Hail to the King” résonne comme un hymne fédérateur, repris en chœur par des milliers de voix, tandis que les envolées guitaristiques apportent une dimension presque épique. Leur maîtrise technique et leur sens du spectacle offrent un moment de respiration… avant la prochaine déflagration.
Changement total d’ambiance avec Electric Callboy. Ici, place à la fête. Le groupe allemand transforme littéralement le Greenfield en dancefloor géant. Entre electro, metalcore et humour assumé, des titres comme “Hypa Hypa” ou “We Got The Moves” déclenchent une euphorie collective. Le public saute, danse, rit — une parenthèse rafraîchissante qui casse les codes du festival metal traditionnel.
Dans un registre plus intense et émotionnel, Spiritbox impressionne par sa précision et sa profondeur. La voix de Courtney LaPlante oscille entre douceur aérienne et violence maîtrisée, captivant une foule attentive. Les ambiances planantes contrastent avec des passages d’une lourdeur redoutable, offrant l’un des sets les plus immersifs du week-end.
Powerwolf transforme quant à lui la scène en véritable cathédrale metal. Décor travaillé, attitude théâtrale, interaction permanente avec le public : chaque morceau devient un rituel. Les refrains, taillés pour être scandés, créent une communion presque religieuse avec les festivaliers.
Les vétérans de In Flames rappellent pourquoi ils restent une référence. Leur set, solide et sans fioritures, enchaîne les classiques avec une efficacité redoutable. Le public, fidèle, répond présent du début à la fin.
Enfin, Heaven Shall Burn apporte une dimension plus engagée et frontale. Malgré l’absence de leur chanteur Marcus Bischoff pour cause de maladie, c’est Britta Görtz qui le remplace au pied levé. Cela n’empéche pas que leur prestation est brute, directe, sans concession. Les breakdowns s’enchaînent, les circle pits s’élargissent, et l’intensité ne retombe jamais.
Un petit mot sur les marseillais de Landmvrks qui ont créé la surprise en faisant déplacer la quasi totalité des festivaliers de la grand scène vers la leur. Peu de groupes français se produisent au Greenfield, donc la tache était lourde de hisser bien haut le metal français devant un public rappelons le quasiment germanophone. Pari gagné vu l’intensité des pogos, des circle pit et le nombre affolant de slammer obligeant un renfort de la sécurité en devant de scène
Le Greenfield, c’est aussi :
- un public passionné et international
- une organisation solide et efficace
- un camping vibrant jour et nuit
- une proximité réelle entre fans et artistes
- Un village médieval au coeur du camping
Mais ce qui distingue véritablement le festival, c’est ce contraste permanent entre la violence musicale et la sérénité du paysage.
Le Greenfield Festival 2025 confirme son statut de rendez-vous incontournable de la scène rock et metal.
Une affiche dense, une ambiance survoltée, et surtout un cadre exceptionnel qui transforme chaque concert en expérience unique.
À Interlaken, le metal ne fait pas que résonner.
Il prend de la hauteur.