Planté au cœur du village de Landresse, le site de La Guerre du Son n’a rien d’un festival aseptisé. Ici, c’est champ ouvert, scènes à taille humaine, odeur de bière et de poussière mêlée, et surtout une proximité rare entre artistes et public.
Pas de barrières mentales : les festivaliers naviguent librement entre pogo, buvette et animations, avec en toile de fond cette ambiance fraternelle typique des événements indépendants.
N’oublions pas que dans l’après-midi se déroule juste en face du site « l’olympiade des boutons », ou petits et grands s’affrontent dans la joie et la bonne humeur dans différentes épreuves, avant de profiter de la musique, de la biére et des foodtruck du festival.
Seriously Serious – Le rock qui met le feu aux poudres
Dès les premières notes, les Suisses de Seriously Serious impose un décor : celui d’un rock’n’roll brut, sans vernis, directement branché sur les années 60 mais joué avec une urgence bien actuelle.
Leur set est court, nerveux, efficace. Ça swingue, ça riff, ça transpire déjà. Les premiers rangs commencent à s’agiter, les bières se lèvent, les corps se délient. On sent que la journée ne sera pas tranquille.
Ils jouent le rôle parfait du groupe d’ouverture : pas là pour impressionner, mais pour déclencher la machine.
💥 Dropdead Chaos – Le premier vrai choc
Avec Dropdead Chaos, on change de dimension. Le son devient plus massif, plus moderne, plus frontal.
Le collectif — véritable all-star band du metal français — débarque avec une puissance de feu impressionnante. Le chant alterne entre lignes mélodiques et hurlements contrôlés, pendant que la rythmique écrase tout sur son passage.
Dans le pit, ça s’organise vite : circle pits, slams, premiers pogos sérieux. Le public ne regarde plus, il participe.
C’est le moment où la Guerre du Son devient réellement… une guerre.
🇫🇷 Cachemire – La rage made in France
Cachemire, c’est le groupe qui vient te parler droit dans les tripes.
Sur scène, ça ne triche pas : un chant habité, des riffs nerveux et une vraie tension dans chaque morceau. Le groupe alterne entre punk rock tendu et envolées plus heavy, avec une énergie qui ne retombe jamais.
Les refrains sont repris en chœur, les bras se lèvent, et la connexion avec le public est immédiate. Il y a ce côté engagé, viscéral, qui fait mouche.
À ce moment-là, le festival est totalement lancé.
🪩 Tragedy – Le grand délire maîtrisé
Puis vient Tragedy, et avec eux, le grain de folie.
Leur concept disco-metal pourrait passer pour une blague… mais en live, c’est une machine imparable. Des classiques détournés, des grooves dansants, des riffs lourds : le tout dans une ambiance complètement décomplexée.
Le public lâche prise. Ça danse autant que ça pogote. Une parenthèse absurde mais salvatrice, qui montre aussi l’ADN du festival : ne jamais se prendre trop au sérieux.
🔥 Crucified Barbara – Le moment historique
Et puis… le silence avant la tempête.
Quand Crucified Barbara monte sur scène, ce n’est pas un concert comme les autres. C’est un retour. Un vrai.
Le groupe suédois, séparé depuis 2016, revient avec une reformation très attendue — et surtout ce concert de Landresse marque leur première date en France depuis cette pause . Autant dire que l’excitation est palpable jusque dans les derniers rangs.
Dès les premières notes, la réponse est immédiate : le public explose.
Le son est massif, tranchant, entre hard rock et heavy aux accents plus sombres. Les morceaux issus de leurs différents albums s’enchaînent avec une intensité rare .
Mais au-delà des titres, c’est l’attitude qui frappe.
Pas un retour nostalgique. Pas une reformation “safe”.
Non.
Crucified Barbara joue comme si elles n’étaient jamais parties.
Regard déterminé, riffs acérés, section rythmique implacable : le groupe écrase la scène avec une autorité presque insolente. Il y a même quelque chose de plus fort qu’avant — une maturité, une urgence retrouvée.
Dans la fosse, c’est la déflagration.
Les fans de la première heure hurlent chaque parole.
Les nouveaux prennent la claque sans prévenir.
C’est simple : ce set devient instantanément le moment charnière du week-end.
Un retour réussi ? Non.
Un retour triomphal.
Difficile de redescendre après ça. Et pourtant, la nuit continue.
Le DJ set de Fabien Granvel prend le relais, transformant le site en piste de danse improvisée. Les survivants du pit deviennent noctambules, les discussions s’enchaînent autour des stands, et l’esprit de la Guerre du Son continue de flotter dans l’air chaud de juillet.
Ce samedi 2025 n’était pas juste une succession de concerts.
C’était une montée en puissance parfaitement construite, du rock vintage à la déflagration heavy, avec en point d’orgue un retour de Crucified Barbara qui restera dans les mémoires.
À Landresse, ce soir-là, le rock n’a pas seulement vécu.
Il a marqué son territoire.