Le chaos n’a jamais été aussi bien rangé
Si vous cherchiez la bande-son idéale pour vos prochaines insomnies productives ou vos virées nocturnes, ne cherchez plus. Le groupe londonien Leap, déjà fortement chuchoté depuis son EP en 2024 (ah « where the silence goes »…), vient de libérer son premier véritable album, Entropy, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le nom ne ment pas : c’est une explosion d’énergie brute, mais dirigée d’une main de maître.
Dès les premières notes, ce qui frappe, c’est l’énergie qui se dégage de l’ensemble. Leap ne fait pas dans la demi-mesure. On sent une urgence, une envie de bouffer la scène qui transpire à travers chaque riff de guitare et chaque ligne de basse. C’est du rock moderne, certes, mais avec ce petit supplément d’âme « indie-grunge » qui évite au groupe de tomber dans les clichés du genre.
Une production aux petits oignons
Mais là où l’album passe un cap, c’est sur sa qualité de production. On aurait pu craindre qu’un trop-plein d’énergie ne finisse en bouillie sonore ; c’est tout l’inverse. La voix de Jack Scott est parfaitement mise en avant, capturant chaque fêlure et chaque montée en puissance. Entropy réussit ce tour de force rare : capturer l’esprit sauvage d’un live tout en offrant le confort d’une écoute studio millimétrée
En résumé, Leap confirme avec cet album qu’ils sont l’un des secrets les mieux gardés (mais plus pour longtemps) de la scène rock anglaise. Entropy est un disque qui s’écoute fort, très fort, en boucle, et qui nous rappelle que le désordre peut être absolument magnifique quand il est orchestré avec autant de talent.
Les titres à écouter en priorité : le single imparable « Play Dead », le coup de coeur « I was never there », « Sinking, feeling »



