Interview Landmvrks Eurockeennes de Belfort 07/2025

Rédacteur

Elia Keshvary

Catégorie d'article

Temps de lecture

Date de l'interview

04/07/2025

Lieu de l'interview

Eurockéennes de Belfort

En pleine tournée des festivals, Landmvrks confirme son ascension. Nouvel album salué, collaborations choisies avec soin, ambition internationale assumée : le groupe marseillais revient sur son passage remarqué au Greenfield, son amour des featurings “entre potes” et sa vision d’une scène métal française enfin en train d’exploser.

 

Il y a quelques semaines, vous jouiez au Greenfield Festival. Peu de groupes français y passent. Vous avez littéralement retourné la petite scène. Comment vous l’avez vécu ?

Franchement, c’était un des concerts les plus stylés de la tournée. Le cadre est exceptionnel : tu joues au milieu des montagnes. On est arrivés la veille pour s’imprégner du festival, dont on entend parler depuis des années comme une référence suisse.

On a senti un vrai engouement. On pensait même que certains partiraient avant la fin pour aller voir d’autres grosses têtes d’affiche… mais non. Le public est resté. C’était blindé, on ne voyait même plus l’horizon derrière la régie. Clairement, notre meilleur moment en Suisse jusqu’ici.

Vous alternez festivals, premières parties, têtes d’affiche… Comment intégrez-vous les nouveaux morceaux ?

En festival, les temps de set changent tout le temps : 40 minutes, 50, 1h, 1h15… Donc une présélection naturelle se fait. Avec quatre albums, on peut se permettre de choisir.

On teste les nouveaux morceaux en live et on voit lesquels prennent le plus. Plus on les joue, plus le public se les approprie. Par exemple, Line In The Dust prend une dimension incroyable sur scène.

Les festivals permettent aussi d’inviter les artistes présents sur l’album. Comme on a plusieurs featurings, on a pu les faire monter sur scène cet été. Et ça, c’est un vrai plus.

Certains entendent une forte influence Linkin Park dans Deep Inferno. Est-ce volontaire ?

On a grandi avec Linkin Park depuis l’adolescence. Oui, c’est une influence assumée. On n’a jamais cherché à l’enterrer. Si on nous dit que ça y ressemble, on le prend comme un compliment.

Vous multipliez les collaborations. Comment les choisissez-vous ?

La base, c’est le relationnel. On préfère collaborer avec des amis qu’avec des inconnus. Artistiquement, c’est plus riche, plus sincère.

Par exemple, avec Matt de While She Sleeps, tout est né d’une tournée commune en 2019. C’est l’un des premiers artistes internationaux à avoir cru en nous. On adorait sa voix, on savait exactement ce qu’on voulait : un timbre punk, sale, brut. C’était évident.

Ce n’est jamais “viens poser un couplet et merci”. On compose réellement ensemble, de A à Z. C’est une expérience artistique complète, pas juste une stratégie de fanbase — même si on ne nie pas que ça permet aussi de toucher d’autres publics.

Votre style est difficile à définir. Comment naît un morceau ?

On s’impose très peu de barrières. C’est une force… et un piège. Tout est possible. On propose énormément d’idées, on en élimine énormément aussi.

La seule vraie question, c’est :

“Est-ce que ça sonne Landmvrks ?”

Mais qu’est-ce que ça veut dire, au fond ? Si ça nous procure une émotion commune en studio, si ça crée une connexion immédiate entre nous, c’est validé.

Un morceau comme La Valse du Temps a été instinctif au départ, puis très long à finaliser. Il n’y a pas de recette. Et s’il y en avait une… on ne la donnerait pas.

Votre scène ultime ?

Madison Square Garden, évidemment.
Glastonbury aussi.
Ou même des festivals mainstream comme Coachella — des endroits où on ne nous attend pas.

On adore le challenge. Jouer devant un public déjà conquis, c’est valorisant. Mais convaincre un public qui ne nous connaît pas, c’est beaucoup plus excitant.

On a toujours gardé un mindset d’outsider.

Votre featuring récent avec Rise of the North Star joue sur l’opposition Paris/Marseille. Clin d’œil ou déclaration ?

Plutôt un clin d’œil. Il n’y a aucune animosité réelle. L’idée était surtout de montrer deux groupes français unis, capables de proposer un featuring au niveau international.

On s’est retrouvés en studio pour finaliser le morceau ensemble. On voulait surtout envoyer un message : la scène française avance ensemble.

Et au passage, la chanson déchire.

Comment percevez-vous l’émergence actuelle ?

On est très fiers. Pendant longtemps, à part Gojira, la France était vue comme outsider à l’international.

Aujourd’hui, ça change. Les groupes collaborent, se soutiennent, composent ensemble. On fonctionne en collectif. Comme la scène anglaise à une époque.

Et ça fait toute la différence.

Vous jouez déjà sur la deuxième plus grosse scène aujourd’hui. La main stage, c’est pour quand ?

Deux semaines. Trois semaines.

(On verra déjà comment ça se passe ce soir.)

 

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