Dans l’atmosphère électrique du X-TRA de Zurich, la soirée du 20 février avait tout d’une déflagration. Une salle bien remplie, avec un public prêt à en découdre. Découvert, pour notre part, au Greenfield Festival on avait hâte de voir un set complet et en salle du quatuor américano-canadien.L’ X-TRA est l’endroit idéal pour les accueillir, et de pouvoir voir un des groupes de plus incisifs du rock alternatif moderne. Le projet de Jordan Benjamin mêle rap, rock et électro dans un cocktail militant et abrasif qui prend toute son ampleur sur scène.
La soirée démarre fort avec les Américains de Pinkshift, dont le punk furieux chauffe déjà une foule prête à en découdre. Mais lorsque les lumières s’éteignent et que les premières nappes électroniques résonnent, c’est un véritable déferlement qui s’abat sur la salle. Grandson débarque sur scène avec l’intro martiale de “AUTONOMOUS DELIVERY ROBOT”, immédiatement suivie de “BURY YOU” et “We Did It!!!”, transformant le parterre en un premier pogo massif.
Dès les premières minutes, le ton est donné : une performance viscérale, nerveuse, presque cathartique. Les morceaux issus de son album INERTIA prennent une dimension encore plus brute en live, notamment “GOD IS AN ANIMAL”, “SELF IMMOLATION” et “BRAINROT”, brûlots politiques qui déclenchent une réaction immédiate du public. Entre deux titres, Jordan Benjamin prend le temps de s’adresser la foule, évoquant l’importance de la solidarité, de l’engagement et de la non-frontière entre les peuples, les orientations sexuelles ou encore les religions, thèmes centraux de sa musique.
Mais le concert atteint son apogée dans le dernier acte. L’explosif “Blood // Water”, devenu un hymne du rap-rock moderne, provoque une onde de choc dans la fosse et met fin a ce set d’une heure et demi laissant le public en nage et le sourire aux lèvres grâce à la générosité du groupe.
Lorsque les dernières notes s’éteignent, le constat est clair : Grandson n’est pas seulement un artiste de studio. Sur scène, son mélange de rage politique, d’énergie punk et de refrains fédérateurs trouve sa pleine puissance. Dans une salle aussi compacte que l’ X-TRA, l’expérience devient presque physique — un exutoire collectif où chaque morceau agit comme une décharge d’adrénaline.
Une soirée intense, engagée et résolument moderne. Si le rock a parfois cherché son nouveau porte-voix ces dernières années, Grandson prouve qu’il est déjà là. Est-ce la, la relève des Rage Against the Machine ? En tout cas souhaitons leurs une carrière aussi belle mais surtout plus longue.