EUROPE – Come This Madness

Rédacteur

Alexandre Coesnon

Catégorie d'article

Nom de l'album

Come This Madness

Date de sortie

25.09.2026

Label (si présent)

Silver Lining Music / Hell & Back Recordings

Setlist de l'album

1. One on One
2. The Cult of Ignorance
3. Come This Madness
4. This Time of Year
5. In a Different World
6. Scandinavian Eyes
7. Takin’ It Back
8. In the Absence of Grace
9. The Angels Must Have Flown
10. The Devil’s Back
11. Nothing Can Follow This

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Europe connaît la puissance d’un refrain capable de traverser les décennies. Mais résumer les Suédois à leur compte à rebours mythique ferait oublier le chemin parcouru depuis leur reformation. Avec Come This Madness, leur douzième album studio, Joey Tempest et ses compagnons reprennent la parole après neuf années de silence discographique. Une longue absence, et manifestement quelques tensions à évacuer.

Les années passent, les convictions restent.

Europe – Come This Madness (Album Review)Le quintette conserve ses piliers : Tempest au chant, John Norum à la guitare, Mic Michaeli aux claviers, John Levén à la basse et Ian Haugland à la batterie. Cette stabilité se traduit par un jeu collectif où chacun sait donner de l’espace aux autres. Norum apporte le grain et la morsure, Michaeli développe les atmosphères, tandis que la section rythmique maintient une assise robuste. Au centre, Tempest garde ce sens de la mélodie qui permet aux chansons de prendre de la hauteur sans perdre leur ancrage.

Enregistré aux studios RMV de Stockholm avec Tom Dalgety à la production et Mike Fraser au mixage, l’album fait dialoguer les différentes périodes du groupe. Les synthés retrouvent une place affirmée au contact d’un hard rock épais, nourri de blues et de références seventies. Tobias Forge (GHOST) et Mikael Åkerfeldt (OPETH) participent également à l’aventure, mais la personnalité d’Europe reste le véritable moteur du disque. Le son possède de l’ampleur, les arrangements du caractère, et les guitares suffisamment de rugosité pour éviter que l’ensemble ne devienne trop confortable.

« Ces paroles sont devenues spontanément davantage un reflet de l’époque dans laquelle nous vivons »

Derrière cette efficacité, le ton s’est durci. Dans « One on One », une dualité s’installe : une ouverture orchestrale, une basse qui entraîne le groupe et des mélodies ouvertes sur un paysage nettement moins lumineux. Europe conserve son goût des grands espaces, avec davantage d’inquiétude à l’horizon.

« The Cult of Ignorance » donne du nerf à cette orientation. Guitares et claviers se répondent dans une composition incisive dont le refrain reste immédiatement accessible. À l’autre extrémité du spectre, « This Time of Year » laisse le piano et la voix installer une mélancolie plus intime. C’est dans ces variations que l’album trouve son équilibre : la puissance prend davantage de sens lorsque le groupe accepte de desserrer l’étreinte.

« Scandinavian Eyes » illustre particulièrement bien cette richesse, avec des arrangements qui entretiennent le mouvement et une belle complémentarité entre Norum et Michaeli. Quant à « Nothing Can Follow This », sa dimension théâtrale donne à la conclusion un poids particulier. La guitare y prolonge l’émotion et referme le disque avec l’ambition qu’appelle son titre.

Tout n’échappe pas à une certaine emphase. Quelques envolées pourraient gagner à être moins appuyées, et les influences restent parfois très apparentes. Mais Europe connaît suffisamment son vocabulaire pour en tirer autre chose qu’un exercice de style. L’intérêt de Come This Madness tient à cette rencontre entre assurance mélodique et tension intérieure : des chansons accueillantes au premier contact, traversées par une humeur plus sombre qu’elles ne le laissent d’abord supposer.

Europe signe un retour solide, habité et généreux. Les refrains accrochent, les guitares ont du répondant et les claviers apportent une vraie profondeur. De quoi rappeler qu’un groupe peut célébrer son histoire tout en donnant envie d’en découvrir la suite.

 

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