Véritables piliers de la scène metalcore et rock alternatif nippon, les cinq membres de Coldrain sont de retour dans les bacs avec un long-format au titre explicite : OPTIMIZE = OPTDEMISE. Fidèles à la stratégie désormais bien ancrée dans le paysage musical actuel, les Japonais proposent un album articulé en deux temps bien distincts, dont la première partie reprend l’intégralité de leur EP OPTIMIZE paru en 2025. Un choix d’assemblage qui force à analyser la galette sous deux angles bien différents.
Si la première tranche du disque offre des titres déjà bien rodés sur les plateformes ( l’excellente Chasing shadows notamment), c’est indiscutablement dans sa seconde moitié que l’album dévoile son véritable intérêt. Le groupe y livre ses compositions les plus inspirées et d’authentiques pépites comme Poison, duo événement avec le chanteur de The Used, qui apporte une couleur post-hardcore authentique et une dynamique vocale rafraîchissante ou encore Perfect Picture Hell, un titre incisif et particulièrement percutant, qui rappelle l’efficacité brute des meilleurs anthems du quintette.
Force tranquille ou zone de confort ?
Sur le plan de l’écriture et de la production, le constat est sans appel : la formule est maîtrisée sur le bout des doigts. Coldrain déroule sa signature sonore caractéristique avec une aisance chirurgicale : des refrains en chant clair d’une efficacité redoutable, calibrés pour être repris en chœur et une alliance fluide entre sonorités électroniques, screams rageurs et riffs acérés.
Cependant, cette exécution irréprochable constitue également le piège principal du disque. Le groupe ne prend absolument aucun risque, quitte à donner une forte impression de déjà-entendu. À force de répéter une mécanique aussi bien huilée sans jamais en bousculer les contours, Coldrain livre un album qui, malgré ses qualités évidentes, manque d’audace et risque de finir par être vite oublié dans sa discographie.
En résumé, OPTIMIZE = OPTDEMISE est le parfait reflet d’un groupe au sommet de son savoir-faire technique, mais frileux à l’idée d’explorer de nouveaux territoires. Si les fans y trouveront leur compte grâce à une seconde partie gavée de pépites, la sur-utilisation d’une recette connue par cœur empêche le disque de passer un cap. Une valeur sûre et efficace, mais qui manque de la petite étincelle de danger.


