Sept ans après Boneshaker, Airbourne revient avec un disque qui porte simplement son nom. Une manière de signer au bas de la page : voilà qui nous sommes !
Autour de Joel O’Keeffe au chant et à la guitare, son frère Ryan à la batterie, Justin Street à la basse et Brett Tyrrell à la guitare entretiennent cette conception physique du hard rock, où le riff doit autant remuer les tripes que déclencher les refrains.
Pour ce sixième album, les Australiens retrouvent le producteur Brian Howes et l’ingénieur du son Mike Fraser. L’enregistrement passe notamment par Music Farm, près de Byron Bay, sur une console ayant servi aux grandes heures d’AC/DC, prises sur bande, consoles Neve anciennes et matériel parfois capricieux. Le symbole est évident, mais l’ambition dépasse le clin d’œil aux anciens : donner davantage d’ampleur aux chansons sans désamorcer leur énergie. Bryan Adams et Mutt Lange apportent même leur concours à l’écriture. « Ce disque concentre tout ce que nous défendons », résume Ryan O’Keeffe.
Le choix du titre Airbourne a une explication précise : Joel raconte que le groupe ne voulait pas privilégier une chanson en donnant son nom au disque. Les douze morceaux devaient former un ensemble. Il insiste aussi sur leur volonté de développer les refrains : faire participer toute une salle, au-delà du plaisir des amateurs de guitare. C’est dans cette perspective qu’ils ont sollicité Bryan Adams et Mutt Lange.
« Gutsy » plante le décor avec une détermination presque agressive. Les guitares occupent le terrain, la rythmique pousse droit devant et Joel conserve cette voix râpeuse qui donne l’impression que chaque phrase se chante debout sur un ampli. « Alive After Death (Last Plane Out) » inscrit cette énergie dans une idée plus touchante : les musiciens disparus continuent d’exister chaque fois que leurs chansons repartent. « Kid In A Candy Store » assume le versant le plus grivois et remuant du groupe.
L’anecdote la plus marquante concerne « Here She Comes ». Son double sens vient d’une tempête ayant frappé le studio : un arbre est tombé près du vieux bus dans lequel dormait le bassiste Justin Street. L’arrivée de l’orage a ensuite été transformée en chanson à sous-entendus amoureux. Derrière l’image de la femme qui emporte tout sur son passage, il y a donc un épisode bien réel.
La parenté avec AC/DC reste forcément envahissante, et ceux qui attendent une rupture stylistique risquent de trouver le voyage familier. L’intérêt se situe ailleurs : dans l’équilibre entre l’impact immédiat, les refrains et cette ferveur que le groupe refuse de traiter avec distance. En conclusion, « Send Me To Rock ’N’ Roll Heaven » transforme l’hommage aux disparus en profession de foi.
Airbourne ne surprend guère par sa direction, mais rappelle pourquoi cette musique tient encore debout : un bon riff, de la conviction et l’envie irrépressible de le partager à plein volume ! Et on a bien vu ce que ça a donné cette année en live, notamment à Guitare-en -Scène où les crash barrières ont fini par céder sous la pression d’un public chaud bouillant !!!
PS : elle est pour toi celle-là mon Gus 😘


